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Le blog de Liens protestants, le journal protestant du nord

Les chemins de la foi, vers des lieux saints ou des lieux de mémoire ? (octobre 2008)

23 Février 2009 , Rédigé par Liensprotestants Publié dans #2008

Éditorial

 

LES CHEMINS DE LA FOI

 

Le mois de septembre qui vient de se terminer a été marqué par la visite du pape à Lourdes, haut lieu de pèlerinage catholique[1]. Certains parmi nous reviennent peut-être du rassemblement du Désert centré cette année sur la figure de Charles Cook[2]. D’autres se souviennent peut-être de la visite du Dalaï-Lama dans des monastères bouddhistes en France… Manifestement la foi met en mouvement, aussi bien aujourd’hui qu’au temps de Jésus. Lorsque Jésus choisit ses disciples, sa première parole n’est-elle pas : « Viens et suis moi » ? La foi est d’emblée mouvement… Le judaïsme a connu des fêtes de pèlerinage comme Pâque pour laquelle Jésus se rendit à Jérusalem. Les chemins de la foi semblent un point commun de toutes les religions, même si les protestants ne parlent pas de pèlerinages contrairement à tous les autres !

Ce numéro vise à découvrir les différents chemins de la foi chez les catholiques, les orthodoxes, les bouddhistes, les musulmans et les protestants. Ce sera aussi pour nous l’occasion de préciser l’originalité protestante. Ce dossier associera des témoignages, des articles de réflexion et des études bibliques. « Ta parole est la lumière de mes pas, une lampe sur ma route » (Psaume 118, 105).

 

Bonne lecture à tous

 

LP



[1] Certains frères catholiques ont aussi participé à la procession de Notre-Dame du Saint-Cordon à Valenciennes.

[2] Nous célébrons cette année le 150ème anniversaire de la mort de Charles Cook, missionnaire méthodiste qui fut l’un des artisans du Réveil dans le Midi et en Suisse.


 

Témoignage

 

SUR LE CHEMIN DE SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE

 

Avant de vous livrer mon expérience j’aimerai simplement citer les vers d’Arthur Rimbaud :

Par les soirs bleus d’été, j’irai par les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :

Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

 

Je ne parlerai pas, je ne penserai à rien :

Mais l’amour infini me montera dans l’âme,

Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la nature, heureux comme une femme.

 

Pourquoi décide-t-on de marcher sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle ?

C’est souvent spirituel, l’envie de s’arrêter un moment et de prendre un temps « hors du stress quotidien ». Certains le font aussi comme un challenge sportif.

Une amie qui se dit athée, rencontrée sur le chemin, voit cette expérience comme la devise française :

            Liberté : Quelle liberté, quelle paix et quelle sérénité sur le chemin !

Égalité : Nous sommes tous à la même enseigne dans les gîtes en dortoir, quelle que soit la classe sociale, nous nous appelons par nos prénoms.

Fraternité : Nous cheminons chacun seul ou à deux pour des raisons personnelles et    différentes. Mais le soir au gîte nous préparons le repas, le partageons, faisons la vaisselle en commun et après nous profitons de discussions à bâtons rompus.

 

Avant de partir j’ai demandé une créanciale (feuille cartonnée sur laquelle on fait mettre les tampons). Pour l'obtenir, j’ai du prendre rendez-vous à l’évêché de Lille. Un prêtre m’a reçue, la discussion était très sympathique, il m’a remis la créanciale. Outre le fait d’avoir de jolis tampons, elle sert dans certains gîtes : celui qui en a une est alors prioritaire pour les places car c’est un vrai pèlerin.

Je suis donc partie en mai, avec ma sœur, de Aire-sur-l’Adour jusqu'à Roncevaux. Quelle expérience !

Nous partons avec tout dans le sac à dos, environ dix kilos par personne. Nous marchons environ vingt kilomètres par jour. Au bord du chemin il nous arrive de faire des rencontres exceptionnelles : par exemple, Lucien qui plante des arbres fruitiers et dispose une affiche « Ces arbres sont réservés aux pèlerins, servez-vous ! » ou bien encore cette famille qui met sur la route une panneau « Pèlerins venez prendre un temps de repos » et dispose dans sa cour café, thé, boissons fraîches, gâteaux maison avec table et chaises).

Le soir quand nous arrivons au gîte, accueil par un hospitalier (bénévole ou pas, qui souvent a aussi fait le chemin). Les hospitaliers sont pleins de bons conseils, connaissent les difficultés, les gîtes suivants, la pommade miracle pour les pieds ou les courbatures…

Tous les soirs nous rencontrons les autres pèlerins. Suivant le cheminement de chacun, nous nous retrouvons plusieurs soirs de suite. Le dernier jour nous avons franchi les Pyrénées, pour arriver à Roncevaux en Espagne, hébergées dans un dortoir de cent vingt places, le gîte était plein…

Le pèlerinage est vraiment un ressourcement ; en cheminant on fait le vide dans sa tête, pas de télé, pas d’infos, juste un téléphone en cas de problème. Même si certains jours sont difficiles, on en revient enrichi par les diverses rencontres et autres…

Le chemin de Saint-Jacques n’est pas qu’une aventure humaine, c’est beaucoup plus. En cheminant on trouve la patience, le partage, l’espérance et la paix. On admire la beauté si variée de la création. Dieu est présent.


Béatrice Reslinger





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