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Le blog de Liens protestants, le journal protestant du nord

David : Bible, histoire et art (janvier 2007)

24 Février 2009 , Rédigé par Liensprotestants Publié dans #2007

Éditorial

David

 

Le combat de « David contre Goliath », le « David de Michel-Ange », « Jésus fils de David »… voilà autant d’expressions qui montrent la notoriété du personnage biblique. David est un personnage-clé de la Bible, non seulement pour ses exploits, mais aussi parce qu’il est le fondateur d’une dynastie qui mène au Messie. Il est donc aussi important pour les juifs que pour les chrétiens. Il est fêté par les catholiques le 29 décembre, jour de la saint David[1]… Il est aussi devenu un calife dans le Coran !

LP se propose de vous faire découvrir les multiples facettes de ce roi de la Bible, tour à tour brigand et homme d’honneur, oint de Dieu et pécheur, guerrier et musicien… Étienne Babut s’est intéressé à l’expression « Fils de David », ce qui l’a conduit jusqu’au Christ. Éric Deheunynck a recherché David comme historien, sans oublier le David du Coran. Quant à Sœur Agnès, elle nous présente un David dans l’art.

Grâce au premier et au nouveau Testaments, au Coran et aux résultats des fouilles archéologiques, nous tenterons donc de dresser un portrait de ce personnage aux multiples facettes, où la légende côtoie souvent l’histoire.

 

Bonne lecture à tous et bonne année 2007.

 

LP



[1] Le David fêté le 1er mars est le saint patron évangélisateur du pays de Galles.


SOMMAIRE
Fils de David dans la tradition israélite
Portraits de David
Fils de David dans la tradition chrétienne (en ligne)
David, le calife
David dans l'iconographie religieuse (en ligne)



Nouveau Testament

Fils de David

Dans la tradition chrétienne

 

 

 

            La recherche sur la situation de ce titre messianique dans le Premier Testament nous a amenés à retenir l’hypothèse d’une montée en puissance de cet élément de la foi et de l’espérance juives dans la période dite inter-testamentaire, entre l’écrit le plus tardif du Premier Testament (le livre de Daniel) et l’apparition de textes qui deviendront beaucoup plus tard le Nouveau Testament : les lettres de l’apôtre Paul (circulant autour de l’an 50) puis les évangiles (dont le premier du genre, celui attribué à un certain Marc, serait apparu entre 60 et 70 de notre ère).

 

Dès les premiers versets de sa lettre aux Romains (1/3), Paul présente Jésus d’une manière qui semble bien révélatrice d’un débat entretenu sur l’identité de ce Jésus. Qui était donc l’obscur prédicateur itinérant devenu progressivement celui pour lequel des foules parcouraient de grandes distances à pied pour l’entendre, et qui, en même temps, préoccupait de plus en plus les autorités religieuses et, par voie de conséquence, un certain Pilate ? Qui était-il pour faire l’objet d’une parodie de justice avant sa condamnation à mort ? Qui était-il pour que le gouverneur romain accepte de valider cette condamnation malgré sa propre conviction que Jésus était innocent de ce dont les autorités religieuses l’avaient accusé ? Qui était-il entre l’accusation de prétendre à un pouvoir royal et cette conviction de Pilate que cette aspiration ne menaçait pas l’ordre romain ?

 

En bref, Paul affirme d’emblée que "l’Évangile de Dieu" concerne un individu « né de la semence de David selon la chair » – grosso modo : selon l’état civil ! – (Rm 1/3) et en réalité « institué Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté, du fait de la résurrection d’entre les morts » (Rm 1/3). La mention de la résurrection des morts semble nous renvoyer non pas à la croyance juive tardivement affirmée par le mouvement pharisien, mais à la résurrection de Jésus, signifiée par les apparitions puis par les récits concernant le tombeau vide.

L’identité de Jésus serait donc, selon cette lecture, restée normalement voilée pour la plupart de ses contemporains ; sa résurrection a posé ouvertement à chacun la question de son identité : « Quel est donc cet Homme ? » devait-on se demander… comme les Douze, dans la barque, juste après la tempête apaisée (Mc 4/41). Ils n’avaient pas arrêté leur réponse puisque peu après (Mc 6/52) selon l’ordre du récit de Marc, ni l’apaisement de la tempête, ni la distribution des pains ne leur avaient ouvert réellement l’esprit (Mc 6/52).

Notons d’autre part au passage que ce souci, chez Paul, d’affirmer la véritable identité de ce Jésus, « Jésus-Christ, notre Seigneur », ignore le futur dogme dit de la « double-nature » de Jésus-Christ formulé par le concile œcuménique de Chalcédoine (451). L’hellénisation de la prédication chrétienne n’a pas encore produit ses méfaits ! Mieux vaut ne pas en dire plus qu’on ne le peut, en dissertant à l’aide d’une notion de nature pas du tout intégrée dans la tradition biblique. Mieux vaut rester fidèle à ce que Jésus a laissé apercevoir de sa relation exceptionnelle avec le Dieu d’Israël, qui n’effaçait aucunement son état civil. Paul n’a pas développé par sa compréhension de Jésus, « du christ Jésus » comme il le désignera le plus souvent ; il n’a pas annoncé Jésus-Christ en expliquant une combinaison inédite entre une nature divine venue recouvrir sans l’annihiler une nature humaine. Il lui suffit de retenir comme élément décisif pour sa foi au christ (au messie attendu) cette ascendance lointaine qui le désigne comme fils de (ici, descendant de) David. Cette ascendance, que les historiens modernes s’avouent bien sûr impuissants à garantir, sert à situer Jésus dans l’histoire d’une promesse. C’est ainsi qu’elle renvoie à l’intervention de Dieu, non moins insaisissable également pour les historiens les mieux outillés, à savoir l’institution, ou plutôt l’établissement de Jésus dans les fonctions de fils et de christ (Ph 2/5/11).

 

            La tradition évangélique a recueilli et l’ascendance davidique indispensable pour dire que Jésus est le christ promis par Dieu, et l’affirmation résolue de la relation exceptionnelle de ce Jésus avec le vrai Seigneur d’Israël. Les récits de deux évangiles (pour la naissance de Jésus dans des conditions fort précaires, voire un statut social de bâtard) ou des trois évangiles dits synoptiques (pour le baptême) suggèrent que l’attente du descendant tant attendu de David avait repris une certaine vigueur dans le peuple juif et même dans certains milieux représentés en l’occurrence par les « mages d’Orient ». Nous reviendrons plus bas sur cette reprise et ses limites à propos de "fièvre messianique".

 

Marc (1/1) a annoncé qu’il commençait le récit de « la bonne nouvelle de Jésus-Christ, Fils de Dieu ». Il n’avait apparemment pas encore connaissance de la mise en forme narrative de la naissance de Jésus ; il ignore ce que l’on a appelé par la suite les "évangiles de l’enfance" ; il arrive, après seulement trois versets, au récit du baptême de Jésus. Il semble pressé de transmettre (1/4ss) la voix céleste "instituant" Jésus comme Fils bien-aimé de Dieu (1/11). Il faut attendre le récit de 12/35ss pour voir une curieuse discussion sur l’appellation de Jésus comme Fils de David. Dans ce bref épisode, Jésus cherche à déstabiliser ses auditeurs : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Christ est fils de David ? ». Apparemment, Jésus semble pousser ses auditeurs à ne pas prendre à la lettre ce titre messianique, à ne pas fonder la foi au Christ sur un état civil impossible à établir. L’argumentation à coups de citations scripturaires reflète un mode de discussion théologique – ici christologique – fréquent dans le judaïsme du 1er siècle. Mais pour Jésus, la foi est discernement de sa véritable identité, inaccessible aux employés de l’état civil quelle que soit leur compétence ! Un peu plus loin dans son récit, Marc laisse l’aveugle Bartimée appeler Jésus Fils de David et ne montre pas un Jésus refusant ce titre en usage dans son environnement juif. La discussion "byzantine" rapportée en 12/35ss ne vise donc pas à éliminer le recours à ce titre messianique, mais à ne pas réduire la messianité de Jésus à une question d’état civil.

 

L’évangile selon Matthieu, paru entre 80 et 90 selon les spécialistes, remplace la présentation marcienne («commencement de la bonne nouvelle de Jésus-Christ Fils de Dieu ») par « Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham ». Il indique – avec une généalogie savamment construite dans un but théologique et sans recherches administratives – que la naissance qu’il raconte appartient non pas à l’actualité décidée par le pouvoir romain[1] mais accomplit ici une promesse capitale de Dieu. Le verbe accomplir, encore rare chez Marc, est devenu très important dans les trois autres évangiles. La naissance de Jésus ne saurait donc être évaluée à partir du cadre occasionnel d’un recensement décidé par le seul pouvoir romain mais dans le cadre de l’alliance de Dieu avec David, alliance sans limitation de durée : elle est l’accomplissement de LA promesse. Les mages d’Orient, chez Matthieu, ont compris l’apparition d’une étoile inconnue, dans un ciel qu’ils scrutaient constamment, comme le signe suffisant de l’importance incomparable de cette naissance et s’en retournent avec cette seule révélation. Les bergers mis en scène par Luc, restés anonymes mais éclairés par la visite d’un « ange du Seigneur », bénéficient d’un message plus explicite : « Aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un sauveur, qui est le Christ (le messie promis), le Seigneur » (Luc 2). Le vieillard Syméon, le juif par excellence puisqu’il est caractérisé comme « celui qui attendait la consolation d’Israël » (2/25), est à ce point bouleversé par la conviction suscitée en lui par l’Esprit saint (1/27) qu’il improvise un hymne dans lequel il proclame la portée universelle – et donc pas réservée au peuple juif – de cet événement indépassable : « lumière pour la révélation aux nations ».

 

Cette rapide comparaison entre le début de deux des trois évangiles synoptiques doit souligner l’espèce de correctif assez vite apporté à la formulation marcienne. Pour attester que Jésus est Fils de Dieu, il convient de l’inscrire dans l’alliance avec David, dans cette longue histoire dans laquelle le peuple d’Israël, devenu après le retour de l’Exil, le peuple juif, représentatif de l’humanité (les nations), avait à redécouvrir la fidélité de Dieu à sa promesse.

 

            Je ne sais trop le crédit que l’on peut accorder à une affirmation devenue classique : le premier siècle de notre ère aurait connu une fièvre messianique. Il est apparemment plus proche de la réalité historique de parler d’accès de fièvre, survenant par exemple avec des prétendants à la fonction et au titre de Christ. Un juif éminent, Gamaliel, pharisien, docteur de la Loi, membre du Sanhédrin, exhorte ses collègues à ne pas s’affoler devant les prises de parole publiques des apôtres, dans la rue et même devant le Sanhédrin réuni pour leur imposer le silence… sur une question restée capitale : qui était cet homme ? Gamaliel mentionne deux tentatives d’"auto-promotion" de candidats au titre de christ, dont l’une se situe « à l’époque du recensement » (Actes 5/17-40). Les apôtres en furent quittes pour des coups de fouet et repartirent libres. Si le Sanhédrin avait conscience de l’existence de cette supposée « fièvre messianique », ses membres ne se seraient pas rangés si vite à l’avis de Gamaliel et ne se seraient pas contentés d’interdire aux apôtres « d’enseigner et d’annoncer la Bonne Nouvelle du Christ Jésus ». Il semble plus sage de reconnaître un relatif réveil de l’attente du Messie, mais pas cette prétendue fièvre. Selon Gamaliel, le prétendant Theudas aurait rallié environ 400 hommes : c’est un peu maigre pour évoquer une explosion d’enthousiasme et pour alerter sérieusement le pouvoir de l’occupant. L’autre prétendant, « Judas le Galiléen » (Ac 5/35ss), à l’époque du recensement, « a entraîné du monde puis il a disparu », et les responsables de l’ordre public ont dispersé sans difficulté « ceux qui s’étaient laissé persuader ». L’inquiétude des membres du Sanhédrin, après l’élimination de Jésus, se justifie par l’obstination des apôtres à prêcher que Jésus est bien le Messie attendu, par le succès de cette prédication, par l’impuissance à liquider le "problème Jésus"… et sans doute par le sentiment de s’être peut-être trompés, d’avoir été aveugles devant ce qui pourrait être l’événement majeur attendu par les juifs.

 

Il semble donc que ce soit la naissance de la foi chrétienne qui a amplifié la réapparition, dans le peuple juif contemporain, du titre de Fils de David. J’avoue ignorer ce que le judaïsme d’aujourd’hui fait de ce titre. On peut supposer un éventail d’attitudes, de convictions. À une extrémité de l’éventail il faudrait placer évidemment les membres et sympathisants des partis ultra-orthodoxes dans l’actuel état d’Israël ; ils sont, paraît-il, peu nombreux mais doivent à leur situation d’appoint indispensable à toute majorité parlementaire le fait qu’il faut compter avec eux. Mais qu’en est-il ici ou là dans le judaïsme de France ? Où et comment se recrutent les individus, les familles qui se décident, maintenant à "revenir" dans la terre donnée par Dieu à leurs pères ? Est-ce que cette idéologie du retour se réclame de la promesse faite à David, ou est-elle suscitée par la situation permanente de l’état d’Israël, interdit d’exister par une partie de son environnement ? Que pouvons-nous discerner dans le peu d’enthousiasme souligné par divers médias, en ce qui concerne la récente guerre au sud Liban ? Apparemment, l’opinion publique en Israël n’est plus dominée par un rêve de rétablissement dans les frontières supposées du temps de David, mais par une aspiration dominante à une sécurité garantie. Appel à témoins !

  David reconnait sa faute devant Nathan (la Bourboule 63)

Les titres donnés à Jésus, de son vivant mais aussi par les chrétiens des siècles suivants, sont multiples. Cette abondance doit nous signifier une impossibilité d’enfermer le Christ dans une conception exclusive et réductrice, et ainsi de se l’approprier, d’en disposer, de le maîtriser. Elle recommande à l’évidence non pas un syncrétisme qui diluerait l’identité unique du Messie, mais une foi ardente… de modestes témoins. Les chrétiens ne constituent pas la cour du Seigneur et ne sont pas mieux placés pour se voir "ministrables", en quelque sorte. Le Seigneur-Serviteur dont nous nous réclamons nous convoque à une fonction permanente de serviteurs. Relisons périodiquement le récit johannique du "lavement des pieds" (Jean 13/1-20) : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître… vous aussi… Le serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni l’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé ».

 

                                                                                                       Étienne Babut



[1] Une affaire de recensement qui renvoie les juifs cultivés à une suspicion contre l’idée même de recensement, qui déplaît à Dieu : cf. 2 S 24/1 à 17 et 1 Ch 21/1 à 17.


 

Art 

 

David dans l’iconographie religieuse

 

À partir des textes bibliques (I Sam 16-18, II Sam 6 et 11-12), l’histoire de David a inspiré les artistes chrétiens, depuis l’art des catacombes avec le pâtre juvénile en tenue de berger, puis on a représenté le vainqueyr de Goliath, le fils de Jessé oint par Samuel, le jeune musicien calmant le roi Saül, le roi victorieux des Philistins dansant devant l’Arche, l’épisode d’Urie et de Bethsabée… Les David les plus célèbres sont peut-être des statues : celles de Donatello, Michel-Ange, Le Bernin ; mais c’est aussi dans les Psautiers enluminés du Moyen-Âge, les vitraux des cathédrales (arbres de Jessé), les tapisseries de la Renaissance (mais aussi celles de Chagall au 20e siècle) et les volets, sculptés ou peints, des buffets d’orgues, que l’histoire de David est représentée par les artistes. À ma connaissance, les œuvres peintes célèbres sont moins nombreuses. Cependant Le Caravage (1571-1610), peintre italien renommé en son temps, puis oublié, avant d’être vraiment retrouvé au 20e siècle, a pour sa part représenté trois fois la victoire de David sur Goliath : en 1600 (tableau du Prado, à Madrid), en 1607 (au musée de Vienne), en 1609-1610 (à la galerie Borghèse) peu avant sa mort. Si j’ai retenu ce dernier, le plus émouvant dans le contexte de la biographie du peintre, c’est parce qu’il me semble porteur, dans son dépouillement, de toute une symbolique universelle, particulièrement signifiée dans la Bible : la victoire du Bien sur le Mal, de la faiblesse sur la force brutale, et surtout le triomphe du Christ sur l’Adversaire. S’il y a progression dans les trois représentations, c’est dans le mouvement vers l’aveu d’une culpabilité où le peintre s’identifie à Goliath : comme le géant philistin, terreur des soldats israélites, il a tué ; il est d’ailleurs condamné à mort par contumace ; pour obtenir son pardon, il envoie ce tableau à un haut protecteur qui plaidera en sa faveur ; sur la lame de l’épée, on déchiffre une inscription abrégée « H.AS.OS » qui peut se lire (d’après certains) « Humilitas occidit Superbiam[1] ». De plus le visage de Goliath est un autoportrait du Caravage.

Observons notre tableau : un bel adolescent roux (I Sam16,12), vêtu d’une simple tunique bleu pâle qui dégage son épaule musclée, tient en suspens par les cheveux la tête monstrueuse d’un homme décapité, monstrueuse par sa taille relative, le trou fait par la pierre dans le front, la bouche et les yeux béants, la barbe d’où gicle le sang. Et pourtant rien de violent dans les couleurs : la brutalité des flashes blancs et rouges sur le fond noir, habituelle dans les tableaux du Caravage depuis 1600, est ici absente ; le drame est plus intérieur. Le garçon est modeste dans son triomphe : il semble regarder avec une pitié douloureuse et inquiète la tête de son ennemi ; il sait qu’il n’a pu vaincre définitivement son ennemi que grâce à l’épée de celui-ci (I Sam 17,51) ; le peintre exprime ce double aspect dans le représentation du visage : une moitié est en pleine lumière, l’autre est dans l’ombre. Le message du tableau diffère de celui du Prado, où le David-enfant se penche avec une énergie dramatique sur sa victime ; et encore plus de celui de Vienne où le David –adolescent paraît insolent dans sa jeunesse sûre de sa force.

Dans le tableau de Rome, David et Goliath sont des autoportraits : l’un dans la jeunesse du peintre, l’autre vers la fin de sa courte vie. La vie du Caravage peut faire penser à celle de David : le jeune adolescent, magnanime et généreux au service de Saül et du Dieu d’Israël, sera aussi l’humble pénitent reconnaissant sa conduite criminelle envers Urie qu’il a fait tuer pour épouser Bethsabée.

Sans pousser la comparaison jusqu’à la parabole, il me semble que c’est à travers elle que la Parole vivante de Dieu peut continuer à toucher notre propre cœur, bien au-delà des histoires particulières de David ou du Caravage. Elle nous redit les mots du Psaume 18 : « C’est Dieu qui m’emplit de vaillance […] Il exerce mes mains à combattre […] Il me délivre d’un puissant ennemi, d’adversaires plus forts que moi. » À travers Goliath, chacun peut aussi continuer la confession du Caravage, en reprenant la prière des pécheurs qui se tournent vers leur Sauveur : « Jésus, le Christ, […] ne laisse pas mes ténèbres me parler, donne-moi d’accueillir ton amour. » (Prière de Taizé)

 

Sœur Agnès Marie, dominicaine



[1] L’humilité tue l’arrogance

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