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Le blog de Liens protestants, le journal protestant du nord

La prédestination, Calvin et les autres (avril 2009)

15 Mars 2009 , Rédigé par Liens protestants Publié dans #2009

Éditorial

 

LA PRÉDESTINATION

En ce temps pascal, LP vous propose d’aborder comme à son habitude une question théologique[1]. La commémoration du 500e anniversaire de la naissance de Jean Calvin nous a conduits naturellement à la doctrine de la prédestination. La prédestination est considérée comme un des points les plus connus de la théologie calviniste ; on oublie volontiers que le réformateur picard avait lui-même puisé chez les pères de l’Église, en particulier chez Augustin.

Que penser de la prédestination ? S’agit-il au contraire d’un poids mort de la théologie protestante ? Cette doctrine est-elle à éviter, à revisiter ou à défendre ? Faut-il la voir comme un dogme inacceptable ou le fondement d’une société nouvelle ? LP propose d’ouvrir le dossier pour répondre à toutes ces questions qui se sont posées au fil du temps…

 

À tous, prédestinés ou non à lire ce dossier, bonne fête de Pâques et bonne lecture.


 

LPInstitution de la Religion chrétienne (Calvin)

 



[1] Dieu tout-puissant ? (mars 2008) ; Le jugement de Dieu (avril 2007) ; Le créateur (mars 2006).

 

SOMMAIRE
Calvin et la prédestination
Le synode de Dordrecht, la prédestination instrumentalisée par le politique (en ligne)
La prédestination au musée (en ligne)
La prédestination, un combat bien malheureux ! (en ligne)
Le trouble de la prédestination
Prédestination et société, Weber, Todd et les autres

Musée

LA PRÉDESTINATION AU MUSÉE 

  Le banquet de la prédestination au musée de la Réforme à Genève. Chaque convive présent par une de ses oeuvres (dans chaque chaise) et par un discours que le visiteur peut entendre.

Le musée international de la Réforme a été installé à Genève dans la maison Mallet, construite à l’emplacement du cloître où les Genevois adoptèrent la Réforme protestante. Ce musée est centré sur le protestantisme et sur la personne de Jean Calvin. Mais comment y aborder la question aussi théologique qu’abstraite qu'est la prédestination ? La doctrine est débattue lors d’un banquet rassemblant des convives, pas nécessairement contemporains, autour d’une table contenant les ouvrages des uns et des autres. Chacun prend la parole pour exposer son point de vue… Voici le texte de leur discussion :

 

Jean Calvin

Messieurs, nous sommes réunis autour de cette table pour nous entretenir de la prédestination. L’Écriture sainte en parle. On lit, par exemple, dans le livre du prophète Malachie que le Seigneur déclare : « J’ai aimé Jacob et j’ai haï Ésaü », ce qui montre bien que Dieu ne réserve pas le même sort à tous les humains. Je dis quant à moi, à la suite de saint Paul et de saint Augustin, que la prédestination est le décret par lequel Dieu élit librement certaines créatures humaines choisies parmi les pécheurs pour les conduire au salut et destine les autres à la damnation éternelle.

 

Théodore de Bèze

Pour ma part, moi Théodore de Bèze, je suis en plein accord avec mon maître, monsieur Calvin. J’affirme que Dieu a d’abord créé le monde et les êtres humains, puis a permis à Adam, le premier homme, de pécher, ce qui plongea l’humanité dans une condamnation et la mort. Ensuite Dieu a décidé de choisir quelques personnes pour les sauver et, pour leur salut, il a livré son fils Jésus-Christ à la mort. Quant aux autres, il les condamne aux tourments éternels.

 

Théodore Tronchin

Je partage cette opinion, moi Théodore Tronchin, né en 1582, professeur à l’Académie de Genève, et de surcroît filleul de Théodore de Bèze. J’ai été au synode tenu à Dordrecht, aux Pays-Bas, en 1618 et 1619 ; avec la majorité des théologiens de l’Europe réformée, j’y ai affirmé, contre les erreurs de Jacob Arminius, que Dieu choisit librement, par pure miséricorde, de sauver quelques hommes et qu’il a envoyé le Christ sur terre pour leur donner à eux seuls la foi et le salut. Quant à ceux qui se complaisent dans le péché, il n'y a pour eux aucune compassion et pas de salut !

 

Moïse Amyraut

Attention : nuance ! Je m’appelle Moïse Amyraut. Je suis né en 1597 et suis professeur à l’Académie de Saumur sur les bords de la Loire. Je m’accorde certes aux conclusions du synode de Dordrecht, mais j’en modifie la formulation pour les rendre moins contestables aux yeux des catholiques et des luthériens. Dans mon traité de la prédestination de 1634, j’affirme que Jésus-Christ est mort pour tous les hommes et non pas pour les seuls élus. Cela ne signifie pas que tous les hommes soient sauvés. Seuls certains d’entre eux sont prédestinés par Dieu à cette condition du salut qu’est la foi. Aussi nomme-t-on ma doctrine « l’universalisme conditionnel ». La majorité de mes collègues y voient, à tort, une réapparition des opinions de monsieur Arminius.

 

Louis Tronchin

Je suis le fils de Théodore Tronchin. Mon opinion est proche de celle qui vient d’être énoncée. Quoique nourri de la doctrine de Dordrecht, j’ai néanmoins opté pour celle de monsieur Amyraut, chez qui j’ai séjourné pendant une année. Je l’enseigne d’ailleurs depuis 1661 à Genève en toute discrétion. Au grand dam de mon collègue ici présent, François Turrettini, et de la majorité des pasteurs de Genève, je proclame que Christ est mort pour tous les hommes. Ceux-ci ne seront pourtant sauvés qu’à la condition d’avoir la foi, donnée librement à certains par le Saint-Esprit.

 

François Turrettini

Au grand dam, c’est peu dire… Pour moi, François Turrettini, les innovations de messieurs Amyraut et Tronchin menacent la vraie doctrine réformée. Je dis que le Christ n’est mort que pour les élus. Telle est la position défendue selon mes vœux dans le Consensus Helveticus, cette confession de foi que tous les pasteurs suisses doivent signer depuis 1675. Ce texte affirme que « Dieu a créé les hommes innocents, a permis leur chute dans le péché, puis a eu compassion de quelques-uns et les a élus, mais a laissé les autres dans leur corruption et les a voués à un malheur éternel. Dieu n’a pas eu l’intention de sauver tous les hommes et c’est donc pour les seuls élus que le Christ a souffert la mort. »

 

Bénédict Pictet

Successeur à l’Académie de François Turrettini, mon oncle, je reste fidèle à la double prédestination, qui dirige les êtres humains soit vers les enfers, soit vers le Royaume des cieux. Mais je suis prudent. En ce début du siècle des Lumières, j’insiste sur le fait que « nous ne devons pas nous tourmenter de savoir si nous sommes prédestinés ou non ». Nous devons « être persuadés que si nous avons la foi et la charité, nous serons sauvés, au lieu que si nous n’avons ni la foi ni la charité, nous serons damnés. »

 

Jean-Alphonse Turrettini

Oserai-je l’avouer, moi, Jean-Alphonse Turrettini, qui ai succédé à Louis Tronchin en 1705 ? Je suis plus proche de cet adversaire de mon père, François, que de ce dernier… Grâce à moi, l’Église de Genève a supprimé l’obligation de signer le Consensus Helveticus, trop rétrograde. Car j’ai compris que la théologie doit s’adapter à la philosophie nouvelle marquée par la découverte des lois de la nature. Aussi les débats sur la prédestination sont-ils dépassés. Mon principe est : « la religion consiste dans la pratique, car le fait de croire bien ne saurait servir de couverture à vivre mal ».

 

Jacob Vernet

Je m’appelle Jacob Vernet, fils spirituel de Jean-Alphonse Turretini, je ne parle plus de la prédestination. Pour moi, Jésus est davantage un maître de la perfection morale qu’une victime expiatoire morte pour les élus. L’article sur Genève, paru en 1757 dans l’encyclopédie de Diderot, m’a fâché… mais pas vraiment sur le fond. On y lit que les pasteurs genevois ne croient plus à la divinité du Christ et sont partisans d’une religion morale, raisonnable et tolérante. Je reproche moins à ce texte d’avoir avancé des faussetés que d’avoir étalé des vérités sur lesquelles il eût fallu rester discret…

 

Jean-Jacques Rousseau

Pour moi, Jean-Jacques Rousseau, c’est simple : monsieur Vernet manque de courage en refusant de se reconnaître dans le miroir de l’Encyclopédie. Comme je l’écris dans mes lettres à la Montagne en 1764, ce sont de singulières gens que ces pasteurs. « On ne sait ni ce qu’ils croient, ni ce qu’ils ne croient pas, ni même ce qu’ils font semblant de croire ! »  Je préconise, quant à moi, une religion naturelle dans laquelle un cœur juste soit le vrai temple de la divinité. Monsieur Calvin, merci de m’avoir convoqué à votre banquet… nous sommes désormais bien éloignés de votre prédestination !

  


Histoire      

 

LE SYNODE DE DORDRECHT (1618-1619)

LA PRÉDESTINATION INSTRUMENTALISÉE PAR LE POLITIQUE

 

Mise en perspective historique

Pour comprendre les enjeux du synode de Dordrecht, il ne faut pas seulement revenir à la doctrine de la prédestination, mais il faut aussi préciser le contexte politique des Provinces-Unies, jeune république libérée de la « tyrannie espagnole » à la fin du XVIe siècle. Les bases institutionnelles du nouvel État ne sont alors pas encore établies. Le pouvoir se partage entre les états (provinciaux ou généraux) et le prince d’Orange. L’État de Hollande est le plus influent puisqu’il fournit la moitié du budget et représente la moitié de la population. Son président, appelé grand pensionnaire, est un homme puissant. Mais il faut aussi compter avec le prince d’Orange-Nassau qui occupe la fonction de stadhouder, littéralement le gouverneur, mais dont la fonction s'apparente plutôt à celle d’un « vice-roi sans roi » ! Le gouverneur a ainsi des pouvoirs dignes d’un souverain, comme les droits de grâce et de nomination de certains magistrats, mais ses fonctions premières sont militaires, ce qui est déterminant en période de guerre.

Au début du XVIIe siècle deux hommes s’opposent politiquement. D’une part Oldenbarnevelt, un vieux compagnon de Guillaume le Taciturne, grand pensionnaire des États de Hollande, homme politique clé de 1586 à 1618, et d’autre part le fils du Taciturne, le prince Maurice de Nassau, un des grands stratèges de son temps. Au-delà de la rivalité de personnes, ils s’opposent sur les choix politiques (l’un veut poursuivre la guerre et l’autre l’arrêter) et bientôt aussi sur des questions religieuses…

 

Arminiens contre gomaristes 

La question religieuse concerne la prédestination et oppose gomaristes et arminiens. Jacob Hermans, plus connu sous son nom latinisé (Jacobus Arminius), est un théologien et pasteur néerlandais. Il fut étudiant à Leyde puis Genève (élève de Théodore de Bèze). En 1591 il est pour la première fois critiqué pour son interprétation de la prédestination par un dénommé Plancius. En 1603 il est nommé professeur à l’université de Leyde. Sans entrer dans les détails de sa position (voir tableau ci-dessous), Arminius limite l’absolu de la prédestination, laissant une petite place à la liberté humaine. Son principal opposant est Franciscus Gomarus, un autre professeur de l’université de Leyde, scandalisé par la nominatUniversité de Leyde (Leiden)ion de son collègue.

Une commission est créée en 1607 pour régler la controverse, mais Arminius meurt en 1609 tandis que Gomarus renonce à son poste universitaire en 1611 puis part pour la France ! L’affaire prend alors une tournure politique. Les partisans d’Arminius publient leurs thèses en 1610 dans une « remonstrance » (les arminiens sont depuis appelés remontrants), remontrance qui est lue aux États de Hollande avec la protection d’Oldenbarnevelt. Maurice de Nassau, bon vivant et peu intéressé par les questions religieuses, saisit l’occasion de se débarrasser de son vieux rival.

 

Le synode de Dordrecht et ses conséquences

Le synode, qui doit trancher la controverse, se déroule à Dordrecht entre novembre 1618 et mai 1619. Des délégués allemands, écossais, anglais et suisses participent aux débats. Des chaises vides sont installées dans la salle pour rappeler l’absence des représentants huguenots. Le canon de Dordrecht n’est pas un exposé complet de la doctrine de la prédestination mais il répond juste aux questions qui font débat. La question de fond était de déterminer si Dieu élit l’homme sur la base de sa foi (hypothèse des Remontrants) ou si la foi est accordée aux élus seulement (hypothèse de leurs adversaires). Le point de discorde était donc la relation entre l’action divine (l’élection) et l’action humaine (la foi). Le synode réaffirme l’orthodoxie calviniste.

 

 

POSITION ARMINIENNE                                   CANON DE DORDRECHT

 

élection sur la base de la foi prévue                                         élection inconditionnelle

pardon universel                                                                     rédemption particulière

dépravation humaine partielle                                                  dépravation humaine totale

grâce résistible                                                                        grâce irrésistible

rechute possible d’un élu malgré la grâce                                  persévérance finale des élus

 

 

Quatre jours après la fin du synode, Johan van Oldenbarnevelt est condamné et exécuté pour « trouble général de l’état de la nation tant dans l’Église que dans l’État ». Hugo Grotius, grand juriste de la Haye, est condamné à la prison à vie mais s’échappe du château de Loevestein, caché dans un coffre. Deux cents pasteurs sont déposés et quatre-vingts sont bannis. Réfugiés à Anvers, ils fondent en 1619 la Fraternité des Remontrants puis s’établissent à Friedrichstadt. Il faut attendre le décès du prince Maurice pour que les Remontrants puissent revenir aux Pays-Bas. Le synode de Dordrecht reste un exemple éloquent d’instrumentalisation du religieux par le politique et ce n’est malheureusement ni le seul, ni le dernier !

 

Éric Deheunynck



Théologie

 

PRÉDESTINATION : UN DÉBAT BIEN MALHEUREUX !

 

Sans prétendre se compter parmi les théologiens, on peut se souvenir d’un débat maintes fois résurgent sur le thème de la prédestination et de dégâts qui en ont résulté parmi les chrétiens, voire dans l’esprit de ceux qui entendent juger de la recevabilité du message transmis par l’Église, puis par des Églises. Les lycéens tenus de connaître un peu le grand Pascal, notamment à partir de quelques-unes de ses Lettres écrites à un provincial de ses amis, se souviennent peut-être de sa brillante vulgarisation du thème de la prédestination. Le grand public, présumé chrétien, était invité à prendre parti pour une théologie fermement prédestinatienne, se réclamant de saint Augustin, contre les « bons pères », entendez les jésuites, coupables de se réclamer d’un Molina, aujourd’hui disparu « dans les archives », coupables donc de procéder, derrière ce leader de l’époque (le XVIIe siècle), à des accommodations complaisantes. L’histoire de la théologie avant Pascal et Molina a été jalonnée de crises entre partisans et adversaires d’une doctrine de la prédestination et d’une obligation « d’y » croire. À la suite de saint Augustin (IVe-Ve siècles), les vrais fidèles devaient être « pour », mais la résistance à cette doctrine, qui faisait plutôt peur, trouvait des avocats plus ou moins admis par l’Église. Calvin n’a pas innové en la matière, bien qu’on ne retienne souvent de son oeuvre écrite que la conviction d’une double prédestination, entendez une prédestination des uns au salut, des autres à la perdition éternelle. Et l’on serait bien étonné de découvrir sous la plume de Thomas d’Aquin, « docteur de l’Église », ce qu’« on » dénonce avec horreur quand on le lit sous la plume du Réformateur. Le protestantisme réformé, en France en tout cas, a été encombré de ce débat, qui occupait une place incontournable dans les joutes tenues entre orthodoxes et libéraux, selon les appellations en usage au XlXe siècle.

Il semble bien qu’aujourd’hui, on n’entende plus guère parler de prédestination. Il est permis de s’en féliciter. Le conflit d’hier paraît amplifié bien inutilement si l’on observe que le Nouveau Testament ignore le substantif abstrait prédestination et ne fait qu’un usage fort modéré du verbe prédestiner. Cinq occurrences en tout et pour tout, dont deux seulement pour l’apôtre Paul dans deux versets consécutifs de son épître aux Romains (8,29-30), c’est bien peu pour valoir à Paul le discrédit que souvent l’on a attaché à cette doctrine. Ajoutons que le terme grec utilisé par Paul puis, à la génération suivante, par l’auteur inconnu de la lettre aux Éphésiens, ne renvoie pas à une notion de destin (clef de la mythologie gréco-latine : Zeus lui-même, selon Homère, ne pouvait qu’exécuter les décisions d’une puissance divine anonyme, le Destin). Paul et son émule parlent d’une mise à part pour un salut préparé et donné par Dieu. Quant à l’épître de Pierre, elle nous dit « connus d’avance, avant la fondation du monde » en vue d’un tel « salut ».

Ces cinq occurrences ne sauraient justifier le nombre de pages, voire de volumes consacrés à justifier ou à pourfendre cette doctrine, aujourd’hui oubliée, de la prédestination. Ces cinq occurrences n’expriment en tout cas pas une sorte de déterminisme imputable à Dieu, Il s’agit bien plutôt, chez Paul et ses « successeurs » (Éphésiens 1,5-11 et I Pierre 1,20) d’attester que le salut offert, donné par Dieu a précédé toute initiative de l’homme pour se l’assurer, a été préparé comme un cadeau inégalable et doit être reconnu comme totalement gratuit. C’est Dieu qui prend l’initiative et s’y tient avec une fidélité impressionnante… pour qui sait la discerner ! Si l’on a la sagesse de s’en tenir au témoignage du Nouveau Testament, on reconnaîtra donc qu’il ne nous propose pas une sorte de déterminisme dans l’une ou l’autre de deux directions opposées, mais qu’il cherche simplement à annoncer la bonne nouvelle (l’évangile) de l’amour gratuit de Dieu manifesté en Jésus-Christ. C’est la rabies theologica (entendez le penchant souvent irrésistible pour une polémique qui condamnait l’opposant, ni plus ni moins : heureux sommes-nous de l’avènement de l’œcuménisme !) qui a longtemps et à plusieurs reprises encombré la prédication et l’enseignement de l’Église en y ouvrant de graves crises. Mais un usage perverti de la théologie ne doit pas justifier un discrédit global et définitif de ce qui demeure une tâche humble et sérieuse incombant à l’Église, face à des situations et des idées qui occultent l’Évangile.

« Ceux qu’il (Dieu) a connus d’avance, il les a aussi destinés (littéralement : mis à part d’avance) à être configurés (rendus conformes à la figure) à l’image de son Fils, pour qu’il soit le premier-né d’une multitude de frères. Et ceux qu’il a destinés d’avance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » (épître aux Romains 8,29-30, traduction de la Nouvelle Bible Segond). Si l’on tient compte du fait que ces deux seuls versets constituent toute la doctrine de la prédestination, on voit qu’il est nécessaire pour tout un chacun, à la manière des premiers auditeurs de l’apôtre Paul à Bérée, d’«examiner chaque jour les Écritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact » (Actes 11,11) et de ne pas se laisser embarquer dans de vains débats qui occultent la Parole de grâce.

                                                                     Étienne Bahut


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