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Le blog de Liens protestants, le journal protestant du nord

Interpréter le texte biblique : exégèse, herméneutique et prédication (avril 2005)

19 Septembre 2009 , Rédigé par Liens protestants Publié dans #2005

Editorial

 

 

Interpréter le texte biblique

 

 

" Comprends-tu ce que tu lis ? ... " Comment le pourrais-je, si quelqu'un ne me guide ? " La question de Philippe au ministre de la reine d'Ethiopie, et la réponse de celui-ci en Actes 8, rappellent à tout lecteur de la Parole de Dieu qu'il ne suffit pas de simplement lire la Bible. Le contenu profond de ces textes doit aussi se comprendre. Il nous faut donc les interpréter. Depuis l’antiquité, il est admis qu’un texte est susceptible de plusieurs lectures, qu’il y a superpositions de sens. Il nous incombe de respecter la diversité d’interprétation de nos Écritures. biblia hebraica stuttgartensia est la bible de référence des exégètes. C'est la version complète la plus ancienne de la Bible .

Notre Bible a été rédigée il y a des milliers d’années. Interpréter le texte biblique, c’est franchir la distance historique, culturelle et conceptuelle qui nous sépare de lui. Ainsi nous pouvons entrer dans l’intelligence du texte sans nous y projeter. On appelle herméneutique cette science de l’interprétation des textes sacrés. Ce terme vient d’un verbe grec qui signifie : dire, traduire, interpréter. On y retrouve comme racine le dieu Hermès qui était le messager des dieux et aussi l’interprète de leurs messages.

Mais nous n’avons pas seulement à avoir une lecture historique et scientifique mais aussi une lecture croyante et personnelle. Notre regard n’est pas uniquement extérieur. La question n’est pas seulement « que dit ce texte » mais « que me dit ce texte ». Cette lecture qui nous inclut, et qui actualise la Parole est le rôle de chaque croyant et en particulier du prédicateur. Ce numéro vous invite non seulement à découvrir les différentes règles de l’interprétation du texte biblique mais aussi à passer d’une étude de texte à une lecture croyante.

 

 

LP

D’un texte biblique à la prédication d’un prédicateur

 

            I - Pour pouvoir vous présenter la démarche laborieuse que j’effectue lorsque je suis chargé d’apporter la prédication au cours d’un culte dans l’Église réformée, il me paraît indispensable de préciser ou de rappeler quelques présupposés, c’est-à-dire quelques repères tenus pour admis par celles et ceux qui vont participer à ce culte et à ce moment de la prédication.

 

 

Le premier présupposé, fondamental à mes yeux, c’est que le Dieu de Jésus, le Dieu auquel Jésus-Christ nous invite à nous adresser, est précisément un Dieu qui parle. Encore faut-il se hâter d’ajouter que l’hébreu biblique n’oppose pas, comme nous le faisons couramment, parole et action. Le substantif hébreu le plus souvent employé pour dire “parole” (davar) est traduit une centaine de fois dans la T.O.B. par “affaire” ou par “acte”, d’autres fois encore par “événement”. Ce Dieu qui parle est un Dieu qui s’engage par la parole et par des actes. Et le difficile travail de la foi consiste à discerner sa parole quand elle nous est adressée ou qu’elle est adressée à notre environnement, et à reconnaître ses interventions.

            Je crois nécessaire de ne pas écarter tout de suite de notre démarche cet autre discernement demandé à la foi, celui des interventions de Dieu dans l’histoire, celle d’hier ou celle d’aujourd’hui. Reconnaître ces interventions donne lieu souvent à des désaccords. Les Églises allemandes, protestantes et catholique, ont rendu grâces à Dieu pour le don d’Hitler à l’Allemagne... et ont pu mesurer plus tard l’énormité de leur erreur. La création de l’État d’Israël en 1948 constituait-elle l’accomplissement de certaines prophéties, donc un acte de Dieu - ce que croient toujours une bonne partie du judaïsme français mais aussi en général la mouvance dite évangélique, et une partie du protestantisme nord-américain - ? Ou bien cette résurgence d’un État juif résulte-t-elle, comme tout événement historique, d’un ensemble de facteurs, dont l’antisémitisme très répandu et poussé à l’extrême par le régime nazi ; dont encore le sionisme, courant de pensée antérieur au nazisme ; dont encore l’espoir plus ou moins sincère de la jeune O.N.U. de 1947-48 de favoriser un nouvel équilibre au Proche Orient en créant à la fois un État juif et un État palestinien ; dont encore des motivations plus ou moins honnêtes de divers États, les uns pas fâchés de se débarrasser d’une minorité décidément irréductible, d’autres d’implanter une démocratie à l’occidentale dans une région du monde restée aux mains de dynasties qui se légitiment elles-mêmes en se réclamant d’Allah et qui disposent des ressources pétrolières indispensables à l’Occident ?

            [Longtemps le discours dominant des Églises invitait à reconnaître principalement les actes de Dieu dans les catastrophes, collectives ou individuelles, par exemple dans une infirmité de naissance, dans une mort subite, dans un tremblement de terre, un tsunami, une inondation... Parallèlement, on retiendra de préférence les textes bibliques parlant de jugement et de châtiment. Il reste des traces de cette image d’un Dieu punisseur dans des propos de l’homme de la rue : “qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour avoir tant de malheurs ?” Je ne saurais trop vous inviter à rompre avec cette compréhension de Dieu distribuant pour des raisons dont il serait le seul juge, des épreuves ou des punitions. Si Jésus-Christ est le révélateur de Dieu par excellence, alors nous ne pouvons pas imputer à Dieu le récent tsunami, ni la mort subite du nouveau-né, ni tel accident de la circulation, ni le succès d’Hitler pendant près de vingt-cinq ans, ni la réélection du président Bush.]

           

Discerner la parole de Dieu, reconnaître ses interventions dans l’histoire humaine, ce sont là des opérations fort risquées, et pourtant la foi chrétienne est et se doit d’être comme à l’affût et de cette Parole et de ces interventions.

           

Mon deuxième présupposé, déjà évoqué dans ce que je viens de dire, se reformulerait ainsi : la Parole de Dieu - message et engagement - culmine en la personne, la prédication et l’enseignement, les actes, la mort et la résurrection de Jésus, le Christ de Dieu, le Fils de Dieu. Dans le langage biblique, “fils de Dieu” indique non pas un engendrement biologique mais une relation vécue, une relation résultant du choix par Dieu d’être représenté par ce fils, d’avoir en lui son porte-parole par excellence. Songeons à la voix céleste entendue lors de la Transfiguration : “ Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui je mets toute ma joie ; écoutez-le ! ” Vous avez reconnu la voix céleste déjà entendue lors du baptême de Jésus par Jean-Baptiste, à quoi s’ajoute, dans l’épisode de la Transfiguration, l’invitation pressante à écouter ce porte-parole dûment mandaté. Je suis donc sur une base solide en retenant ce présupposé, en faisant de Jésus-Christ un critère absolument prioritaire dans ma recherche d’une parole de Dieu à travers les textes bibliques comme dans mes tentatives de discerner les interventions de Dieu dans notre histoire humaine. Jésus-Christ révélateur de Dieu constitue le critère incontournable avec lequel nous tentons de discerner ici une parole, là une intervention de Dieu.

           

Le troisième présupposé est implicitement contenu dans les précédents. Les textes bibliques, dans leur diversité, voire leurs contradictions, constituent un lieu incontournable où nous cherchons à discerner une parole de Dieu. Chacun ici sait la place que le retour aux témoins bibliques a occupée dans l’action des Réformateurs. Mais je me hâte d’ajouter que le concile Vatican II a fermement rappelé à l’ensemble de l’Église catholique cette primauté des témoins bibliques sur tous les autres. Il n’est plus possible aujourd’hui de faire comme si la Bible était un livre protestant, comme cela se disait couramment voici quelques décennies.

 

Mon quatrième présupposé, en revanche, constitue une pomme de discorde entre les fondamentalistes, ainsi désignés par un terme emprunté au monde anglo-saxon, et ceux qui se refusent à identifier purement et simplement le texte biblique traduit dans leur langue et la Parole de Dieu. Ce refus auquel je participe pleinement se justifie, pourrait-on dire, précisément par le respect de ces textes qu’il est impossible d’homogénéiser sans leur faire violence.

Mais plus essentiel encore est le refus de considérer que la Parole de Dieu vieillirait inexorablement parce qu’elle serait comme archivée, emprisonnée à l’intérieur de ces textes. Quand, dans le premier présupposé que j’ai énoncé, j’ai affirmé que le Dieu auquel Jésus nous adresse est un Dieu qui parle, je ne faisais pas la moindre place à l’idée que Dieu avait désormais dit tout ce qu’il avait à dire, qu’en quelque sorte Il ne parle pas au présent mais qu’Il a parlé une fois pour toutes, autrement dit d’une manière intemporelle. Non ! Le Dieu d’Israël et de Jésus s’adresse aux femmes et aux hommes d’aujourd’hui, sauf quoi Il ne peut être qu’un dieu mort, une statue.

            Mais le rapport entre d’une part ces textes bibliques dont beaucoup sont devenus pour nous d’un accès difficile, et d’autre part la Parole actuelle, adressée à moi, à nous, à l’Église d’aujourd’hui, aux humains vivant actuellement, ce rapport que postule la foi n’apparaît pas sous forme d’évidences, comme des articles de consommation courante que nous allons choisir dans les rayons d’une grande surface ! Il est nécessaire de chercher cette Parole, et c’est bien pourquoi je parlais dès ma première phrase d’une démarche laborieuse de la foi.

 

Mais - cinquième présupposé, largement attesté par les témoins bibliques - discerner et saisir une parole de Dieu ne saurait être seulement affaire de savoir, d’intelligence et de méthode. Il faut absolument citer un acteur au rôle capital dans notre lecture de l’Écriture. Je veux mentionner bien sûr l’Esprit saint. L’Église ancienne, bien avant la Réforme du XVIème siècle, parlait en l’occurrence d’illumination. Nous prononçons aujourd’hui encore une prière longtemps appelée prière d’illumination avant d’ouvrir la Bible, et ceci dans l’espoir que le ou les textes lus deviendront une parole de Dieu au présent. [De nos jours, on évite le plus souvent le terme ancien d’illumination à cause d’une connotation aujourd’hui nettement péjorative : traiter quelqu’un d’illuminé, c’est en général refuser ce qu’il dit ou fait !]

            Bien entendu, ce recours à l’Esprit saint, celui que le Christ de l’évangile de Jean appelle “ l’autre consolateur ”, et encore “ le Paraclet ”, deux expressions pour désigner celui qu’on appelle ou découvre auprès de soi, bien entendu ce recours à l’Esprit saint n’autorise aucune paresse de ma part, de notre part. Ma démarche laborieuse restera une démarche laborieuse, très laborieuse. Gardons-nous comme de la peste de l’idée selon laquelle l’inspiration, l’intervention active de l’Esprit saint ferait de nous des improvisateurs. Dit autrement, le Dieu auquel Jésus nous adresse ne fait pas de nous des robots télécommandés ! Bien au contraire, et c’est là, me semble-t-il, une caractéristique primordiale de ce Dieu-là, Il tient à agir avec des partenaires humains, à mobiliser, à rassembler, à disperser, à envoyer et à rappeler ses partenaires humains, hautement responsables. Il est impossible de lire aussi bien les épîtres de l’apôtre Paul que les évangiles sans être confronté à cette attente impérieuse de la part de Dieu d’une réponse engagée, active, responsable, fidèle jusque dans la souffrance, l’échec, voire la persécution. Rappelons ici ce qu’on appelle traditionnellement “le sommaire de la Loi”, c’est-à-dire le résumé de la volonté, ou mieux, de l’attente de Dieu à notre égard : “ Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée ”. Nous voilà loin d’un statut et d’un rôle de robots !

            Ces présupposés constituent en fait l’essentiel de ce que je puis dire sur le passage de la lecture d’un texte biblique à la prédication. Mais à l’évidence, ils ne constituent pas pour autant une recette qu’il suffirait d’appliquer. Effectuer ce travail une fois par semaine, parfois davantage a de quoi écraser le prédicateur. L’Église réformée prend conscience qu’il lui faut former des prédicateurs non-pasteurs, ce que recommande d’ailleurs une ecclésiologie (conception de l’Église) réformée.

 

            II - Ce long travail commence évidemment par une relecture minutieuse du passage qui va être commenté et “adressé” à l’assemblée, un réexamen de son contexte proche, le cas échéant des problèmes de traduction. 

Difficile précisément parce que je crois connaître déjà et depuis longtemps ce texte et son contenu, ma lecture va prêter une attention prioritaire aux difficultés qu’offre le passage retenu et notamment aux difficultés que je peux supposer également rencontrées par tout un chacun. Par exemple, que faire du récit d’une tempête apaisée simplement par un ordre formel de Jésus ? Est-il exigible de croire à cette puissance de type magique sur les éléments déchaînés, alors que nous avons quelques bribes de connaissance sur les phénomènes météorologiques ? Que faire d’un tremblement de terre qui, fort opportunément, ouvre les portes d’une prison dans laquelle sont enfermés Paul et son équipe ? La foi chrétienne consiste-t-elle d’abord en croyance aux miracles ? Ou bien encore, que faire d’une évocation du jugement dernier et d’un Dieu compris finalement comme juge, ce qui frappe certains lecteurs de l’évangile de Matthieu, alors que l’apôtre Paul et l’évangile de Jean affirment que ce jugement dernier est derrière nous, a été exécuté en Jésus-Christ ?

            Ce repérage des difficultés probablement rencontrées par chacun a l’avantage de situer le prédicateur au sein de l’assemblée, avec ses frères et ses sœurs dans la foi et d’associer l’assemblée à la redécouverte du texte biblique : les voici participant à ce travail. Mais cet énoncé explicite de difficultés éprouvées par le prédicateur et par les participants offre aussi un avantage d’ordre pédagogique et rhétorique. Il provoquera sans doute une certaine libération de chrétiens un peu culpabilisés par leurs doutes ou par leur refus de prendre à la lettre ce qui est écrit. Et il va sans doute susciter une attention puisque ce que le prédicateur va s’efforcer de proposer, c’est une manière actuelle de comprendre sans tricherie ce passage, d’y trouver un écho de la Bonne Nouvelle et de discerner une vraie possibilité que cette Bonne Nouvelle porte du fruit en nous.   

           

            Bien sûr, le prédicateur va s’assurer de sa propre compréhension du texte, en recourant à plusieurs traductions, aux notes explicatives. Ces notes apportent des éclairages utiles, sans s’interdire de signaler les obscurités du texte dans sa langue d’origine, les hésitations des traducteurs, des divergences d’interprétation. Le prédicateur recourra également à des commentaires d’exégètes spécialisés, pour autant qu’il en dispose. Il s’agit de traiter honnêtement ce texte et d’être honnête vis-à-vis de l’assemblée : il n’y a rien à lui cacher ! Or nous avons le privilège de vivre dans une période de grande fécondité des biblistes qui, notamment depuis la libération apportée par Vatican II, constituent une sorte de communauté scientifique dans laquelle les divergences ne correspondent pas nécessairement aux enracinements confessionnels. Dieu merci, il n’y a plus, de nos jours, dans cette communauté de spécialistes du moins, une exégèse catholique et une exégèse ou des exégèses protestantes. L’exégèse biblique met en œuvre des connaissances et des méthodes qui relèvent de diverses disciplines : linguistique et historique en tout cas. Le prédicateur protestant s’efforce d’éclairer sa lanterne en recourant aux travaux des biblistes, les commentaires bibliques principalement. Il n’a pas à s’assurer ensuite qu’il est en règle avec un magistère auquel appartiendrait en dernier ressort et exclusivement la juste interprétation. Le terme de magistère n’a pas cours dans le protestantisme.

 

*

 

Tout ce qui précède concerne le travail sur le texte biblique, une compréhension sérieuse de ce texte. Reste à en dégager un message, une parole actuelle, sauf quoi je ne fais pas office de prédicateur. Mais quelle actualité évoquer ? Celle de la communauté assemblée n’offre pas forcément d’éléments marquants que le texte expliqué éclairerait. Alors, l’actualité politique, par exemple la situation en Iraq ou l’interminable conflit entre l’État d’Israël et les Palestiniens ? Elle ne saurait constituer un domaine interdit, mais on ne peut lors de chaque culte appliquer l’Évangile du jour à ces situations. Vers la mi-janvier j’ai entendu une prédication bâtie sur quelques extraits bien sélectionnés du récit biblique du Déluge ; elle entraînait l’assemblée dans un rapprochement avec le tsunami qui fournissait forcément la une de tous les journaux. Mais avant même d’indiquer le rapprochement qu’il entendait faire entre le Déluge et ce terrible tsunami, le prédicateur a avoué notre difficulté à discerner une parole de grâce dans le récit biblique du Déluge. Ce faisant, il rappelait que la prédication est prédication de l’Évangile, de la Bonne Nouvelle d’un amour gratuit, pas un exposé d’un conférencier ou d’un professeur de morale. La recherche de cette parole de grâce dans le récit du Déluge est devenue la question de la présence de Dieu dans le drame qui a provoqué dans une large partie du monde un mouvement de solidarité d’une ampleur inconnue jusque-là. Et, en excluant l’idée que Dieu pouvait être l’auteur de ce tsunami (alors qu’Il est présenté comme le décideur et le réalisateur du Déluge), le prédicateur a proposé de reconnaître la participation de Dieu au drame actuel précisément dans ce mouvement de solidarité qui impressionnait les médias. Ça m’a touché, ça m’a paru vrai, mais à condition de ne pas escamoter des questions qui perçaient déjà de divers côtés à partir de l’indifférence assez générale de l’opinion publique et des pouvoirs publics pour d’autres drames, parfois aussi ravageurs que ce tsunami. Par exemple le sida en Afrique atteint chaque mois autant de victimes que le  tsunami [Cette comparaison a été effectuée par le président d’une ONG à un certain moment du décompte des victimes ; celui-ci a fait, depuis lors, des bonds vertigineux. Mais le problème demeure]. Il est des drames meurtriers, et cela de façon quotidienne, mais dont on ne parle plus, et qui ne bénéficient pas de la solidarité mondiale qui serait pourtant nécessaire. Il faut probablement reconnaître que, spontanément, voire inconsciemment, nous distinguons les victimes totalement innocentes d’une catastrophe naturelle, et des victimes qui sont à même de nous donner mauvaise conscience, de nous culpabiliser. Ainsi par exemple, pourquoi le continent africain, qui a été totalement colonisé par des états occidentaux, est-il sous-équipé, économiquement, techniquement et notamment dans le domaine sanitaire ? Or non seulement il ne reçoit pas une aide à la hauteur nécessaire mais les organismes engagés en Afrique craignent de voir diminuer cette aide, précisément à cause de la concentration actuelle des dons sur les victimes innocentes du tsunami.

           

            L’actualisation de la prédication, ou si vous préférez, la recherche de l’actualité de la Parole de Dieu ne passe pas nécessairement par l’actualité à laquelle s’intéressent les médias. Plus fondamentalement, elle consiste, me semble-t-il, dans le repérage de nos manières actuelles de saisir ou au contraire de méconnaître l’amour de Dieu dans notre vie présente, personnelle, familiale, communautaire, sociale. Sans rien retirer de ce que j’ai répété sur le caractère laborieux de la préparation, ni de ce que j’ai dit du poids écrasant qui résulte du rythme hebdomadaire imposé ordinairement, je confesse mon émerveillement devant la richesse apparemment inépuisable de bon nombre de ces vieux récits des évangiles, de ces paroles de Jésus, même déjà modifiées par une actualisation effectuée par les rédacteurs de ces évangiles. Je suis impressionné par la pertinence actuelle de bien de ces textes que je découvre alors que je les lis et les utilise depuis plusieurs dizaines d’années. Nous avons de bonnes raisons de persévérer dans ce travail !                                                                                     

                                                                                                                      É.Babut

           



 


SOMMAIRE

Une introduction à l'herméneutique

D'un texte biblique à la prédication d'un prédicateur (en ligne)

 


 

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Toussaint César 25/06/2015 21:20

Je désire avoir un cours sur l’herméneutique