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Le blog de Liens protestants, le journal protestant du nord

La vie régionale : Région ERF Nord-Normandie (novembre 2005)

26 Septembre 2009 , Rédigé par Liens protestants Publié dans #2005

Éditorial

 

La vie régionale

 

 

Ce mois de novembre verra notre synode régional se réunir à Douai. Ce sera l’occasion de retrouvailles mais aussi de prises de décision importantes. Mais que connaît chacun d’entre nous de la vie régionale ? Dans notre système presbytéro-synodal, la dimension presbytérale nous est plus familière que la dimension synodale. Notre horizon se limite souvent à notre paroisse et à notre clocher, parfois à notre consistoire. Quant à la Région, elle apparaît comme la grande inconnue ! Or de grandes décisions sont prises à l’échelon régional. Ainsi la gestion financière et donc la gestion des postes de pasteurs et d’aumôniers se fait à cet échelon. La cible à atteindre par nos paroisses est destinée à la Région.       

Nous connaissons mal notre Région et son fonctionnement : la région Nord-Normandie de l’ERF, qui s’étend de Bray-Dunes au Mont-Saint-Michel relève plus du découpage institutionnel[1] que d’un espace de vie. Il faudra de se demander comment donner sens à notre vie régionale au-delà des synodes régionaux. Les rassemblements de jeunesse à Mesnières-en-Bray et les tentatives pour créer un journal régional[2] sont des expériences qui vont dans ce sens.

Ce numéro se propose de mieux connaître notre vie régionale à travers une interview de notre président de région, Jan Albert Roetman, une synthèse de projets d’Église présentés au synode et une découverte de notre région à travers une carte et quelques chiffres.

 

Chers habitants de la région Nord-Normandie, je vous souhaite bonne lecture.

 

 

LP

 


[1] Les limites de notre région et de ses consistoires ne respectent ni les limites des départements, ni celles des régions administratives ! Pour plus de détails, consulter la carte en fin de numéro.

2  On peut se demander si l’objectif du journal régional était d’être un lien régional. Il n’y eut aucun dossier présentant la région et ses consistoires, les décisions synodales ou le fonctionnement de la région et ses acteurs…

 
La région nord-Normandie en 2005. Depuis le consistoire BM Artois Somme a disparu. 


Sommaire


 

Interview

 

ENTRETIEN AVEC JAN ALBERT ROETMAN

 

Le Synode régional se tenant les 18, 19 et 20 novembre à Douai, Liens Protestants (LP) a voulu rencontrer le Président de Nord-Normandie (NN). Jan Albert Roetman a très aimablement répondu à nos questions.

 

LP. Pourriez-vous nous dire quelques mots sur le passé protestant de votre famille ? Et comment vous êtes devenu pasteur ?

            Peut-être parce que… je suis né dans un presbytère ! Mon père – maintenant en retraite – était pasteur d’une Eglise sœur hollandaise très marquée par la théologie calviniste. Dans notre région (Centre-Est des Pays-Bas) très majoritairement protestante, les Églises locales sont relativement autonomes en raison de leur nombre. Dans ma jeunesse, les cultes du dimanche (l’un le matin et l’autre l’après-midi) réunissaient souvent chacun 3 voire 400 personnes ! Quel contraste avec la fragilité du protestantisme en NN où, sans la collégialité synodale, il n’y aurait pas de réelle solidarité entre nos communautés. Ces communautés qui peuvent être si rapidement déstabilisées par certains conflits et qui ont un besoin vital de confiance, de cohérence et de cohésion.

            Après le secondaire, je suis entré à la faculté de théologie d’Utrecht où j’ai achevé mes études en juin 1990.

 

LP. Qu’est-ce qui vous a incité à venir en France ?

            La Commissions des Ministères de l’Église protestante aux Pays-Bas m’a alors fait part d’un appel du Conseil Presbytéral du Sud-Ouest de la France. J’y ai répondu et, en juillet 1990, j’ai commencé mon proposanat en Lot-et-Garonne. À l’époque, je ne connaissais que deux langues étrangères : l’allemand et l’anglais. Pendant deux mois, j’ai suivi des cours intensifs de français au Chambon-sur-Lignon. Ces années de ministère dans cette région ont été pour moi très formatrices. J’en garde toujours un bon souvenir et surtout de mon contact avec la jeunesse.

 

LP. Vous paraissez en effet très heureux d’animer des groupes de jeunes…

            Oui, mais c’est toujours pour moi un défi : avec les jeunes, nous sommes obligés de nous exprimer avec des mots clairs et simples et, si j’ose dire, « avec nos tripes ». Nous leur livrons spontanément nos convictions profondes, notre engagement de chrétien. Ils sont souvent très demandeurs malgré les apparences et ont des exigences qui semblent contradictoires et qu’il faut décoder. Par exemple, ils éprouvent un réel besoin de se structurer, mais en toute liberté. Le prochain Rassemblement-Jeunesse de Mesnières-en-Bray les 11, 12 et 13 novembre a pour thème : « résister ou s’adapter ». C’est, je crois, pour nos jeunes une occasion de se structurer à la lumière des Écritures.

 

… et des chorales

            C’est vrai, j’ai une passion pour le chant. Nous avons créé sur Calais un ensemble vocal (Contra Punctus) avec des Psaumes pour répertoire. C’est pour nous une manière de mettre un certain don au service de l’Église.

 

LP. Vous attendiez-vous à devenir un jour Président de Région ?

            C’est là une responsabilité qui vous tombe dessus. C’est le Conseil Régional qui appelle à ce ministère qui comporte trois volets :

o       le premier – le plus important – c’est le soutien, l’accompagnement des Églises locales,

o       le second, c’est tout ce qui relève de la gestion, de la prévision, de l’administration en général, et dont le centre est à Amiens,

o       et enfin, l’animation de la vie régionale en relation étroite avec ce qui se passe dans d’autres Régions et en cohérence avec l’Union nationale : Rassemblement-Jeunesse, Colloque Franco-Britannique, Journée des Conseillers Presbytéraux, et, bien sûr, Synode régional. Là, les problèmes institutionnels sont relativisés par la question essentielle – celle de notre vocation de chrétiens comme en témoigne le thème du prochain synode « Annonçons l’Évangile ensemble ». Le dernier Synode régional a demandé à nos Églises locales de rédiger un projet de vie. Tous les projets expriment le souci d’être une communauté à la fois unie, accueillante et structurée – conditions indispensables pour l’évangélisation. « Communion et annonce de l’Évangile », c’est là ma devise et celle du Conseil régional.

 

LP. Le Synode ne va-t-il pas consacrer également un temps important à la question de l’animation financière ?

            Nous allons en effet tenter de réaliser un équilibre entre la capacité d’accueil des ministres (4 postes pastoraux vacants seulement) et la capacité financière des Églises locales. On ne peut à la fois « réclamer » des pasteurs et ne pas respecter les engagements financiers. Il nous faut vivre ensemble une espérance raisonnable.

            Je me réjouis du nombre de ministres (25) que nous avons dans la Région, mais n’oublions pas que nous sommes au bénéfice de la solidarité des autres Régions (de la Région Parisienne et de Centre-Alpes-Rhône en particulier). Nous espérons que NN puisse un jour faire bénéficier de la même solidarité d’autres régions en difficulté. Le jeu de solidarité entre les Régions et à l’intérieur même de chaque Région me paraît très important.

 

LP. Comment envisagez-vous l’avenir de notre Région ?

            C’est en France que j’ai découvert la synodalité comme une grande richesse. Je suis touché par la confiance mutuelle des Régions. Il ne s’agit certes pas de minimiser les difficultés qui existent ça et là, mais je constate que nombreuses sont les Églises qui manifestent dans leur projet de vie une réelle volonté d’annoncer l’Évangile avec d’autres Églises, soit en secteurs, soit en consistoires, et ont une solide confiance dans noter tradition réformée. Par exemple, depuis deux ans, les Églises de la Métropole ont entamé une démarche commune pour annoncer l’Évangile à Tourcoing. Cette démarche me semble très prometteuse…

            Rappelons-nous sans cesse que le Seigneur est fidèle, et que cette fidélité s’attache à la Promesse de sa présence à venir. Personne n’est seul dans le témoignage. Annonçons, vivons l’Évangile ensemble !

 

Propos recueillis par André Wacrenier

 







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