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Le blog de Liens protestants, le journal protestant du nord

Guerre et paix (mai 2011)

19 Juin 2011 , Rédigé par Liens protestants Publié dans #2011

 

 

Éditorial

 

Guerre et paix

 

Les traditionnelles commémorations du 8 Mai nous ont donné l’idée de proposer ce dossier. Les événements récents confirment l’intérêt de cette réflexion on fait né une actualité inattendue. Face à la guerre certains opposent le pacifisme et d’autres en appellent au réalisme. Certains voient dans la guerre un moyen d‘action par définition injustifiable, pour d’autres elle est un mal parfois nécessaire. Au principe de la non-violence s’oppose la théorie de la guerre juste. Chacun a ses mentors, ses exemples historiques, ses arguments.

Ainsi Jésus nous a appelés à renoncer à la violence[i]. Les premières communautés chrétiennes[ii] refusaient de porter les armes. Gandhi a théorisé et appliqué la non-violence comme moyen d’action politique. Martin Luther King s’en est inspiré. Les révolutions en Tunisie et en Égypte par des jeunes sans armes semblent leur donner encore aujourd’hui raison.

Mais inversement Augustin jette les bases de la théorie de la guerre juste, depuis sa cité d’Hippone assiégée par les Vandales ! Bonhoeffer, le « théologien de la réalité »[iii] participe à la résistance armée contre le nazisme. Pour lui, on ne peut simplement aider les victimes du nazisme, mais on doit aussi s’en prendre à la machine, « lui mettre des bâtons dans les roues ». Récemment les événements de Libye ont semblé donner raison aux « réalistes » : comment arrêter un dictateur qui détruit son peuple sinon en neutralisant son appareil répressif ?

Ce dossier vous présente deux points de vue, celui de François Dietz, pasteur à Douai, engagé dans le Mir[iv], et celui de Jean-Paul Rœlly membre du comité de rédaction, officier en retraite. Nous espérons ainsi participer à un débat d’actualité loin d’être épuisé !

 

Bonne lecture à tous

 

LP



[i] Œil pour œil et dent pour dent et le monde sera aveugle. Si l’on te frappe la joue gauche tends la joue droite…

[ii] Certaines communautés protestantes appliquent toujours ce principe : quakers, mennonites, amishes…

[iii] L’expression est d’André Dumas.

[iv] Mouvement international de la réconciliation

 


 

 

GUERRE ET PAIX

 

Vous connaissez sans doute la vieille maxime latine Si vis pacem para bellum (si tu veux la paix prépare la guerre) et sa contrefaçon moderne Si vis pacem para pacem (si tu veux la paix prépare la paix). Vous avez à votre disposition deux sentences contradictoires, qui détiennent toutes les deux une part de vérité.

Je voudrais commencer par une brève incursion biblique avec trois citations du Nouveau Testament. La première, très connue, est une parole d'ange rapportée par Luc, qui salue la venue de Jésus sur terre : "Gloire à Dieu dans les cieux très hauts et paix sur la terre parmi les hommes qu'Il agrée". La seconde, est une parole provocante de Jésus dans Matthieu (Mt 10,34) : "Je ne suis pas venu apporter la paix mais bien le glaive…". La troisième se trouve encore sous la plume de Matthieu lors de l'arrestation de Jésus (Mt 26,51-52) : "Remets ton épée à sa place…". Au fait, vous êtes-vous demandé pourquoi les disciples avaient des épées et s'ils s'en servaient uniquement pour se curer les dents ?

 

La paix

 

La paix ne se décrète pas unilatéralement. Quel que soit son propre désir de paix, un individu est ou n'est pas en paix avec tous les autres, un pays est ou n'est pas en paix avec les pays voisins, cela dépend pour beaucoup de la volonté du prochain, de l'autre. Il est intéressant de retenir qu'ON NE FAIT PAS LA PAIX TOUT SEUL.

Normalement, chacun aspire à vivre en paix, avec son conjoint, avec sa famille, avec ses voisins mais il ne faut pas faire d'angélisme, l'histoire montre que, depuis la nuit des temps, depuis Caïn et Abel, les relations humaines sont difficiles, pour ne pas dire conflictuelles entre frères, entre voisins, entre confrères ou concurrents. Les raisons en sont la jalousie, l'envie, le sentiment de supériorité, le désir de domination, le ressentiment, le désir de vengeance, etc. Ces sentiments très humains se trouvent multipliés, exacerbés au niveau des nations. La Bible est pleine du bruit de la fureur des batailles, pleine de sang. Depuis la venue parmi nous d'un certain Jésus, l'histoire humaine n'a pas été très différente, quel qu'ait été l'enseignement de ce dernier et la progression de cet enseignement dans le bassin méditerranéen. C'est sans doute regrettable, mais c'est un fait difficilement contestable.

La paix est l'aspiration prioritaire des gens ordinaires qui constituent la grande majorité du genre humain. Cela se comprend car, historiquement, les périodes de paix ont été des périodes de prospérité. Je ne citerai que trois exemples bien connus dans notre pays :

1) paix de l'édit de Nantes, après les guerres de religion, période à laquelle est associée "la poule au pot du bon roi Henri",

2) paix après la guerre de 1870 et ce qu'on a appelé la Belle Époque,

3) plus récemment, paix après la Seconde Guerre mondiale, période qui a connu une belle expansion économique et sociale et que l'on a nommée les Trente Glorieuses.

Il y a un tel contraste entre ce désir quasi général de paix et la réalité de la vie qu'il est impossible de ne pas se poser la question du POURQUOI ?

La paix des peuples, comme la paix des ménages, n'est pas acquise une fois pour toutes. La paix se construit, la paix acquise doit être protégée, la paix nécessite des sacrifices. La paix que nos parents voulaient à tout prix nous a conduits à la guerre la plus meurtrière que l'humanité ait connue. Or on aurait pu, juridiquement et militairement, empêcher le réarmement de l'Allemagne à faible coût, en s'opposant aux Allemands dès leur tentative de réoccupation de la Ruhr. La faiblesse des démocraties à faire valoir le droit a encouragé Hitler dans sa volonté d'hégémonie…

Vivre en paix, oui, mais supporte-t-on n'importe quelle paix ? Le sentiment de liberté est un besoin essentiel, la paix dans l'esclavage est insupportable. Le condamné dans sa prison, le prisonnier dans son camp, comme le citoyen dans une dictature coupée du monde ne pensent qu'à s'échapper pour vivre libres et en paix, éventuellement dans la pauvreté. Mieux vaut mendier son pain à l'étranger que d'être nourri, en général chichement, par son geôlier. Pour conquérir ou reconquérir cette liberté, peut-on espérer convaincre le gardien ou l'oppresseur avec des bonnes paroles ? Peut-on vaincre avec d'autres moyens que les armes ? C'est une question fondamentale à laquelle il ne me semble pas possible d'apporter une réponse unique.

Les pacifistes citent volontiers le cas de Gandhi, apôtre de la non-violence, qui a réussi à faire cesser la domination anglaise aux Indes sans entraîner son peuple dans une "guerre de libération". Ils oublient cependant de dire que si Gandhi avait eu en face de lui non pas des Britanniques au "fair-play" bien connu, mais des SS, le KGB ou la police chinoise, le résultat n'aurait sans doute pas été le même… À ma connaissance le Dalaï-Lama, non-violent par philosophie, n'a pas empêché l'invasion du Tibet et, depuis cette invasion, n'a pas fait reculer les Chinois d'un pouce…

Toutes les sociétés ont besoin de "gardiens de la paix". Cette expression, qui désigne nos policiers, évoque la noblesse de leur mission. Vous serez sans doute d'accord pour dire que la suppression de la police ne supprimera pas les vols, viols, meurtres, accidents de la route et incendies de voitures. Il en va malheureusement de même au niveau international, la suppression de l'armée dans un, voire dans plusieurs pays, ne supprimera pas la guerre. Croire le contraire relève d'une philosophie utopique respectable mais qui conduit tout droit à la servitude.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les divers conflits à travers le monde ont fait environ cinquante millions de morts, alors que nous avons connu la paix dans notre petite Europe. Nous avons eu beaucoup de chance et il n'est pas sûr que cela dure encore très longtemps car de nouvelles formes de guerre apparaissent. Souvenez-vous des attentats de 1995 dans le métro parisien, des attentats plus récents à Madrid en 2004 et à Londres en 2005. Quand vous voyez des bataillons de casseurs déborder les organisateurs des manifestations, s'en prendre à coup de barres de fer aux vitrines, aux pompiers ou aux forces de l'ordre, quand vous voyez des voitures en feu par dizaines la nuit du réveillon, pensez-vous que nous vivons vraiment dans un pays en paix ?

La paix sans la force est une utopie, l'histoire l'apprend durement à tous les rêveurs qui l'oublient par idéologie. Il y a de nombreux exemples de peuples qui, après des périodes de grandeur, ont succombé aux délices de Capoue, ont subi la guerre et sont tombés en servitude. Ensuite, pour leurs descendants, la question s'est posée en ces termes : faut-il accepter la servitude assortie de la paix ou faut-il reconquérir la liberté au prix des horreurs de la guerre ? Compte tenu de ce qu'on sait des déchaînements de la violence humaine, il est compréhensible que tous n'aient pas toujours fait, que tous ne fassent pas encore aujourd'hui, le même choix, mais il est à noter qu'il y a toujours eu des partisans de l'une et l'autre options, des collaborateurs passifs ou actifs et des résistants eux-aussi passifs ou actifs…

Vous connaissez le dicton "Après la pluie, le beau temps", on pourrait ajouter "et réciproquement". De même, en scrutant l'histoire, on pourrait dire "Après la paix, la guerre, et réciproquement".

 

La guerre

 

Guerre et religion

Il n'est pas inintéressant d'évoquer le lien entre guerre et religion, bien que les hommes se soient le plus souvent battus pour autre chose que d'imposer leur dieu aux peuples voisins. Puisque, pour les monothéistes, il n'y a qu'un seul Dieu et qu'il est réputé tout puissant, avoir Dieu avec soi est gage de victoire certaine, d'où le "Gott mit uns" inscrit sur les ceinturons allemands, d'où également la bénédiction des drapeaux et des canons… de chaque camp. Or au bout du compte il n'y a qu'un camp qui gagne ! De quoi se poser la question : "avec qui est Dieu ?" ou vu autrement : "Dieu s'occupe-t-il de nos querelles ?".

Les polythéismes sont tolérants par nature, alors que les monothéismes ne le sont pas. Ces derniers pourraient l'être si théologiens et hommes politiques mettaient en avant les enseignements laissés par les délégués du Dieu (unique !) dont se réclament ces diverses religions, mais ce n'est malheureusement pas le cas, vous le savez bien.

La violence des hommes est aussi vieille que l'humanité. L'ethnologie montre que le phénomène a été le même sur tous les continents depuis l'apparition de l'homme, ce qui n'a pas empêché les vieux sages de nous dire que Dieu a créé l'homme à son image ! Cette violence, les conducteurs du peuple juif ont essayé de la maîtriser. Les dix commandements donnés sur le mont Sinaï tentent de réguler une vie apaisée en société. Tu ne tueras pas ; Tu ne commettras pas d'adultère ; Tu ne déroberas pas ; Tu ne convoiteras pas ce qui est à ton prochain ; Honore ton père et ta mère ; Tu ne feras pas de faux témoignage ; etc. Il est sûr que si ces commandements étaient observés par tous, la vie sociale serait plus paisible. Toutefois il est intéressant de remarquer que ces commandements s'adressent individuellement à chaque homme ou femme, mais pas au groupe humain, pas au peuple en tant que tel.

Transposer le commandement "Tu ne tueras pas" en interdiction collective est une erreur d'interprétation. La Bible est pleine de récits guerriers et les prophètes ne stigmatisent pas la participation à ces combats. Ce n'est pas la guerre qui déchaîne la colère divine mais la désobéissance au premier commandement (Tu n'auras pas d'autre Dieu…).

Toutefois, historiquement, il est vrai que les premiers chrétiens ont pris au pied de la lettre le cinquième commandement "Tu ne tueras pas". Ceci n'a pas posé de problème majeur jusqu'à ce que le christianisme devienne religion officielle de l'empire d'Occident car alors, pour défendre cet empire chrétien face aux invasions barbares, il est devenu difficile de recruter des soldats. C'est pourquoi les théologiens, Augustin, Thomas d'Aquin et autres, ont développé des réflexions sur les guerres justes, celles dans le cadre desquelles il est permis au chrétien de combattre et de tuer un adversaire sans violer la volonté de Dieu. Il est vrai également que cette "justification" du droit de tuer a entraîné bien des excès que l'Église n'a pas su maîtriser, sans parler de ceux qu'elle a cautionnés...

On trouve également dans la Bible, face à un affront, une invitation à "tendre l'autre joue" (Luc 6,29). Là aussi il s'agit d'une prescription individuelle difficile à transposer au niveau collectif. Essayez d'imaginer la situation suivante : en août 1914 lorsque l'Allemagne déclare la guerre à la France, au lieu de donner ordre au général en chef de se battre, le Président du Conseil de l'époque, Viviani, dit au Kaiser, "Arrêtez-vous car je veux la paix entre nous. Vous avez pris l'Alsace et la Moselle en 1870, je vous offre ce qui me reste de la Lorraine pour avoir la paix"… Qu'auraient dit les Lorrains ? Qu'auraient dit les Français ? Qu'auraient fait les Allemands l'année suivante ? Là encore on peut se demander si ce qui a un sens dans les relations entre deux individus est encore valable dans les relations entre deux États.

 

Guerre et politique

Cicéron, en son temps, a posé le principe : "cedant arma togae" ou en langage courant "que les armes le cèdent à la toge", ce qui signifie que l'armée, qui détient les armes de la nation, est subordonnée au pouvoir civil. Ce principe se retrouve dans la formule que Clausewitz, théoricien allemand bien connu, a énoncée dans son traité Vom Kriege (De la guerre), "La guerre n'est qu'un prolongement de la politique par d'autres moyens". C'est un principe fondamental de la vie démocratique : une armée ne part pas en guerre sans que le pouvoir civil lui en ait donné l'ordre.

La guerre, voulue par les uns, souvent subie par les autres, résulte de l'action (parfois de l'inaction) politique. C'est le pouvoir politique qui définit le budget des armées, leurs effectifs, leurs équipements et leurs missions, c'est lui qui nomme les officiers généraux, c'est lui qui conclut les alliances avec des pays étrangers. Il est cependant rare que les hommes politiques assument courageusement ces responsabilités jusque dans leurs conséquences ultimes. Souvenez-vous de la défaite de 1940 et de l'empressement de la grande majorité des hommes politiques de l'époque à se défausser, sur un vieil homme de 84 ans, de la responsabilité de l'armistice…

 

Comment éviter la guerre ?

De tout temps les petits pays se sont méfiés de leurs voisins plus gros, plus riches, plus ambitieux. Les risques sont inscrits dans la géographie et aussi dans l'histoire. Demandez aux Polonais et aux Baltes ce qu'ils pensent de leurs voisins allemands ou russes ! Puisque la paix est un bien précieux et qu'elle est toujours menacée, que peut-on faire pour éviter la guerre ? Une première solution, face à un voisin inquiétant, est de lui opposer une force équivalente, dissuasive, mais le Luxembourg peut-il dissuader l'Allemagne, le Tibet peut-il dissuader la Chine ? La seconde méthode consiste à conclure des alliances, mais le résultat n'est atteint que si l'alliance résultante est puissante et l'allié fiable... La troisième possibilité est d'opter pour la neutralité avec, autant que possible, une solide garantie internationale. Souvenez-vous toutefois que la garantie de l'Angleterre et de la France n'a pas empêché que la neutralité belge soit violée à deux reprises par une agression allemande. La neutralité a ses limites.

Forts des leçons de l'histoire, les pays neutres se fient rarement aux bons sentiments de leurs voisins. Ils ont en général des budgets militaires importants et des armées bien équipées, bien entraînées, crédibles à défaut d'être nombreuses, capables d'infliger des pertes importantes à un agresseur éventuel. La Suisse et la Suède n'ont pas été impliquées dans les deux guerres mondiales parce que, dans les deux cas, pour les Allemands, la balance risque/profit ne penchait pas en faveur du profit.

 

Le nerf de la guerre

Au cours de la guerre de Trente Ans, 90% de la population alsacienne a été passé au fil de l'épée. Vous vous souvenez sans doute que la Première Guerre mondiale a fait 1.500.000 morts dans nos rangs. La guerre coûte cher non seulement en hommes mais aussi en argent. On peut légitimement penser que cet argent employé à préparer la guerre, à la faire, puis à réparer les dégâts causés serait mieux utilisé dans d'autres domaines. C'est indéniable. Toutefois on peut dire que l'armée c'est la police d'assurance d'un pays. Tant qu'il n'y a pas de sinistre on trouve qu'on paie trop cher la prime d'assurance. Quand survient l'incendie, il arrive que l'on constate que l'on était mal assuré, mais c'est trop tard !…

S'il faut se résoudre à s'armer pour être capable de se défendre, quel est le bon niveau de dépenses à consentir ? Peu, c'est cher sans être efficace. Beaucoup, c'est au détriment des autres domaines de la vie sociale. L'équilibre n'est pas facile à trouver mais le problème est à résoudre par le pouvoir politique. Souvenez-vous qu'un pays a toujours une armée sur son sol, soit la sienne, soit celle d'un occupant ! L'armée du voisin, nous avons connu ça entre 1914 et 1918 dans le Nord, puis de nouveau entre 1940 et 1944 dans l'ensemble du pays, et l'expérience confirme que l'armée d'un occupant coûte très cher et pas seulement financièrement mais aussi en terme de liberté !

 

Les nouveaux moyens

Les moyens de la guerre ont changé dans le temps et continuent à évoluer. C'est certainement une évidence pour vous et il n'est pas besoin de développer longuement. De la fronde de David à la kalachnikov, des langskips vikings aux sous-marins nucléaires, les moyens de la guerre, offensifs et défensifs, sur terre et sur mer, n'ont cessé de se perfectionner (!). L'inventivité humaine en ce domaine a été de tout temps très féconde.

Si l'atome a préservé notre continent des conflits depuis soixante ans, d'autres formes insidieuses de guerre sont apparues. Demandez-vous à qui profite le désarmement moral de la jeunesse gangrenée par la drogue, à qui profite la terreur des attentats aveugles… Ce sont des moyens auxquels nous ne sommes pas encore habitués et derrière lesquels il y a des intentions qui ne sont pacifiques ni à court ni à long terme.

 

Les nouveaux risques

On peut distinguer quelques risques de guerre qui sont à notre porte. Là où il y a pénurie probable, il y a convoitise. Les problèmes de l'énergie sont connus, on sait moins que l'eau est un sujet d'enjeu majeur. Si Israël occupe le Golan, si la Chine occupe le Tibet, c'est avant tout pour maîtriser une ressource en eau.

Devant une population mondiale qui explose, la satisfaction des besoins en alimentation devient un autre sujet majeur de préoccupation des dirigeants. La population de la Chine, représente 20% de la population mondiale alors que ce pays n'a que 7% des terres arables…

 

***

 

Il est illusoire d'attendre des dividendes de la paix, comme l'ont annoncé certains hommes politiques, car la paix n'est pas un bien acquis que l'on place et qui rapporte. La paix ne résulte pas d'un placement heureux mais d'un effort perpétuellement renouvelé. Heureusement que, face au nazisme, les démocraties se sont réveillées. Heureusement que des hommes et des femmes chez nous et chez nos alliés ont accepté de risquer leur vie pour que nous retrouvions notre liberté. Il est malheureusement à craindre que de nouvelles générations soient appelées à manifester cet altruisme dans un monde qui est et restera longtemps dangereux. "Il n'y a pas de plus grande preuve d'amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime". C'est aussi un enseignement biblique.

Je ne crois pas qu'un jour le loup cohabitera avec l'agneau, c'est encore une belle utopie. Je crois plutôt à l'adage latin qui dit : homo homini lupus, c'est-à-dire "l'homme est un loup pour l'homme". Pour éradiquer la violence du loup comme celle de l'homme, il faudrait changer la création, ce serait sans doute souhaitable, mais est-il raisonnable de prétendre pouvoir changer ce que Dieu a créé ?

 

Jean-Paul Rœlly

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