Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Liens protestants, le journal protestant du nord

L'Eglise protestante unie (octobre 2012)

30 Décembre 2012 , Rédigé par Liens protestants Publié dans #2012

Éditorial

L’Église protestante unie

Une rentrée comme les autres pour notre Église ? Pas vraiment, car elle est en train de muer et ne va pas tarder à sortir de sa chrysalide… en une Église protestante unie. Le processus engagé depuis des années est une évolution plus qu’une révolution… une évolution passée inaperçue par certains d’entre nous pour plusieurs raisons : les évolutions sont discrètes et lentes elles ne font pas de bruit mais sont bien réelles ; on ne compte aucune paroisse luthérienne dans notre région où luthériens et réformés sont déjà unis ! L’information circule peu à l’échelon paroissial…

Cette année semble bien marquer la fin du processus. Le synode national a adopté les nouveaux statuts au printemps et cet automne ce sera au tour des synodes régionaux. Il faudra bien parler de l’Église protestante unie l’année prochaine et ce dossier vise à vous présenter le processus, la nouvelle Église, les points de vue… Les questions qui se posent sont multiples, pratiques (quel nom pour l’Église, quelles conséquences à l’échelle de la paroisse…), symboliques (quel vocabulaire commun, quel logo…), juridiques (quels statuts)… de quoi nourrir tout un dossier !

Nous remercions chaleureusement le pasteur Frédéric Verspeeten qui a préparé ce dossier pour nous !

Vous ne pourrez pas dire : « Je n’étais pas au courant » !

 

Bonne lecture à tous, protestants unis et autres.

 

 


SOMMAIRE

 

 


Questions Réponses

 

L’ÉGLISE PROTESTANTE UNIE EN QUESTIONS

 

·         L’Église unie entrainera-t-elle vers l’uniformité ?

Le vote du Synode commun de Belfort en mai 2012 se prononce pour la formation d’une Église unie constituée par l’union des deux Églises au niveau national. Il y aura donc une seule union nationaEPU logole, organisée à partir du modèle précédent de l’ERF. Au niveau régional, il y aura des « régions confessionnelles », soit luthériennes, soit réformées. La possibilité de régions bi-confessionnelles est par ailleurs établie mais nécessitera d’abord l’accord des synodes régionaux et du synode national de l’Église unie.

 

·         Le calendrier pour les élections des nouveaux conseils presbytéraux est serré, dès l’automne 2012. Peut-on prévoir une formation rapide des membres élus, pour les conseils où il y aura beaucoup de renouvellement, mais aussi pour les autres ? 

Une formation est toujours la bienvenue. Il est du ressort des régions d’organiser cette formation si le besoin s’en fait sentir. Les documents et aides nécessaires seront une des premières tâches de l’Église unie. Des outils et des programmes sont déjà en cours d’élaboration au niveau interrégional et national. Selon toute vraisemblance des formations initiales seront organisées au sein des consistoires après les élections de novembre.

 

·         Pourquoi l’ERF est-elle l’association pivot ?

C’est une décision des synodes conjoints de Paris en janvier 2011, qui se sont fondés sur le fait que c’était la procédure la moins coûteuse et de loin. Il n’y aura pas de transferts de propriétés pour les biens immobiliers de l’ERF et de l’EELF qui ne possède sur le plan national que d’un seul bien immobilier avec le pavillon de Bourg-la-Reine qui abrite un professeur de théologie.

 

·         Où se trouvera le siège de la nouvelle Église ?

La question précédente entraine que naturellement le siège de l’Église unie sera à la Maison du protestantisme, 47 rue de Clichy 75009 Paris. Cette Maison accueille le siège d’autres Églises (Églises évangéliques baptiste, Mission populaire, etc.), d’associations et de la Fédération protestante de France. Ceci permettra un lien facile avec les autres instances du protestantisme français.

 

·         Pourquoi donner aux luthériens une surreprésentation numérique dans les instances nationales ?

 

La surreprésentation numérique des luthériens dans les instances de l’Église unie est destinée à garantir, parmi d’autres dispositions, que les spécificités de chacun seront bien prises en compte et non pas diluées dans la masse. Les mêmes dispositions s’appliquent d’ailleurs à toute minorité, y compris la minorité réformée dans une région à majorité luthérienne. Ceci étant, le nombre de personnes nécessaires sera tout de même plus réduit que ce qu’il faut actuellement pour faire vivre les régions luthériennes comme une Église à part entière. Cela changera peu au niveau régional mais sera beaucoup plus aisé au niveau national.

 

·         Cette nouvelle Église a-t-elle des implications par rapport au redécoupage de la région ERF-Est ?

Dans la Constitution de l’EELF (article 6) comme dans la Discipline de l’ERF (article 35), il revient au Synode général/national de fixer la délimitation des circonscriptions régionales. De fait nos synodes régionaux d’automne 2012 se prononceront sur la question de la révision de la carte des régions de l’ancienne Église réformée de France et de l’ancienne Église Évangélique luthérienne de France.

 EPU carte

Dans ce dispositif :

- notre ancienne région Est de l’E.R.F disparaitra, une partie des paroisses qui la constituent sera intégrée dans la nouvelle région de Montbéliard (ancienne EELF Montbéliard) qui sera une région bi- confessionnelle à majorité luthérienne.

- D’autres églises locales seront rattachées à la région Nord Normandie actuelle et certaine à la région parisienne ; mais les modifications amèneront aussi le changement de région pour certaines paroisses du Nord de Paris qui seront rattachées à la région Nord Normandie actuelle. Ainsi cette dernière serait susceptible d’accueillir : Reims, Chalon en Champagne, Charleville Mézières, Sedan, Beauvais, Compiègne…

 

·         Ne devrait-on pas faire mieux connaissance avec la Concorde de Leuenberg ?

Cette Concorde date de 1973 et donc, les membres des Églises qui l’ont signée ont eu tout le temps pour l’étudier en détail pendant les quatre décennies qui auront précédé l’Église unie. Cette question soulève en réalité celle de la réception dans les Églises des textes signés au niveau international. Ce processus d’accord et de communion est souvent méconnu nous en dressons une petite présentation dans ce dossier de Liens protestants.

 

·         Quelles sont donc les différences entre luthériens et réformés ? Quelle est donc cette diversité qui est si riche ?

Ces différences sont prises en compte par les dispositions spécifiques aux articles 5bis, 7bis, 8bis, 9bis, 10bis, 21bis, 25bis, 30bis, 32bis et 33bis pour les luthériens, 7ter, 9ter, 20ter, 21ter, 25ter et 31ter pour les réformés.

 

  • Comment faut-il appeler l’Église protestante unie de France ?

Le nom complet, avec son titre et son sous-titre, est : Église protestante unie de France – Communion luthérienne et réformée. Son nom juridique, quant à lui, est : Union nationale des associations cultuelles de l’Église protestante unie de France. Deux appellations bien longues pour l’usage courant !

Dans la désignation habituelle, on dira : Église protestante unie. Probablement se contentera-t-on même assez souvent, si le contexte est clair, de : Église unie, car dans les pays où existent des Églises luthéro-réformées, c’est l’appellation qui s’est le plus souvent progressivement imposée.

En tous cas, il vaudrait mieux éviter l’acronyme E.P.U.F prononcé « épufe », qui est assez laid ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on prend l’habitude d’écrire en abrégé : EPUdF, assez imprononçable à la lecture et qui « oblige » donc à dire Église protestante unie ou Église unie. Mais pourra-t-on vraiment éviter EPUF(E)… ?

 

·         Est-ce que les accords œcuméniques signés par l’ERF ou l’EELF seule, engageront toute l’Église protestante unie, quand celle-ci sera constituée ?

Les accords œcuméniques que signent des Églises entre elles ne sont pas des accords de partenariat, comme par exemple avec la Fédération luthérienne mondiale (FLM) ou la Communion mondiale d’Églises réformées (CMER). Il s’agit d’accords ayant nécessité un travail et une maturation préalable, de la part de théologiens et de toute l’Eglise.

Certains accords œcuméniques ont été signés par l’EELF et l’ERF (exemple : la Concorde Leuenberg) et, dans ce cas, la constitution de l’Église unie ne change rien.

La constitution de l’Église unie ouvrira une période où il s’agira de s’interroger, au cas par cas, pour voir comment s’approprier en tradition réformée tel accord signé précédemment par l’EELF et, en tradition luthérienne, tel accord signé par l’ERF. Cela fait partie de cette hospitalité, ouverte par le processus d’union, que d’accueillir également le chemin que chacun a parcouru et de s’interroger réciproquement.

Ensuite, pour de futurs nouveaux accords à venir, il conviendra de vivre en véritable communion dans l’Église protestante unie, de telle sorte que ces accords concernent l’ensemble de l’Église.

 

·         Quelle déclaration de foi va-t-on adopter ?

L’Église évangélique luthérienne et l’Église réformée ont une vision dynamique de l’union qu’elles réalisent. Celle-ci n’est pas le couronnement d’un processus préalable et complet. Les deux Églises ont constaté qu’elles étaient en pleine communion et elles ont décidé d’engager le processus d’union actuellement en cours. Celui-ci est donc conçu comme une base de départ et non pas comme un aboutissement.

Ainsi, la future Église protestante unie ne dispose pas encore de déclaration de foi. Ce n’est pas un obstacle à l’union. Au contraire, c’est cette union qui permettra de rédiger la déclaration de foi. Cette rédaction sera l’un des premiers chantiers, qui sera engagé dès 2013.

 

·         Faut-il être nécessairement une Église luthérienne ou réformée pour intégrer l’Église protestante unie de France ? Pourquoi ne pas être plus large et prévoir l’intégration d’Églises de sensibilité évangélique ? L’appellation "Église protestante unie" sous-entend une véritable unité, y compris avec les autres confessions protestantes ?

En 1938, l’Église réformée de France a accueilli en son sein des Églises locales réformées de sensibilités diverses, des Églises dites libres et des Églises méthodistes. Il y a donc toujours eu un courant de sensibilité évangélique au sein de l’ERF. Mais ces Églises plutôt évangéliques adhéraient pleinement aux principes qui organisaient la nouvelle Église réformée de France.

L’Église protestante unie de France est une union d’associations cultuelles luthériennes et réformées. Toute association cultuelle, y compris de sensibilité évangélique, qui approuve les principes exposés dans la Constitution et les statuts de l’Église protestante unie de France, peut demander à la rejoindre. En fait, la question doit d’abord être posée à une Église locale non membre de l’EELF et de l’ERF et qui envisagerait de rejoindre éventuellement l’EPUdF.

Enfin, l’Église protestante unie n’est pas l’Église protestante unique. C’est la Fédération protestante de France qui a vocation à rassembler toutes les familles protestantes. L’EELF et l’ERF sont co-fondatrices de la FPF. L’EPUdF à leur suite, qui constituera de loin la première Église de la FPF, continuera de s’investir pleinement dans la démarche fédérative portée par la FPF.

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article