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Le blog de Liens protestants, le journal protestant du nord

La théologie (octobre 2010)

10 Octobre 2010 , Rédigé par Liens protestants Publié dans #2010

 

 

Éditorial

 

La théologie

   

C’est la rethéontrée, avec la reprise du travail, des activités paroissiales, des clubs… C’est aussi la rentrée scolaire, dans le primaire et le secondaire. Et en ce mois d’octobre ce sera la rentrée universitaire. Qui se souvient que l’université est née en Occident au XIIIe siècle et qu’à l’époque la matière enseignée la plus noble était la théologie ? Les temps ont changé, la théologie a perdu de son lustre dans une société laïcisée. Elle a aussi beaucoup changé dans son contenu et ses méthodes, mais elle est toujours présente. Des théologiens peuvent être invités sur des plateaux tel Odon Vallet. Présence protestante n’hésite pas à programmer des sujets théologiques. Les facultés de théologie voient leur nombre d’étudiants augmenter… La théologie n’est plus l’affaire de quelques érudits un peu coupés du monde… Ne fustige-t-on pas leurs supposées discussions sur le sexe des anges ? L’enseignement théologique s’est démocratisé.

Ce numéro vise à vous faire découvrir quelques aspects de la théologie, non seulement son histoire et les différentes matières enseignées, mais aussi sa pertinence pour nous tous. Nous avons ainsi laissé la parole à Dany Nocquet qui fut membre de la paroisse de Lille. Il tient aujourd’hui une rubrique théologique dans Réforme. Frédéric Verspeeten, Étienne Babut et Michel Castro vous donneront leur point de vue sur la question de la pertinence de la théologie… et peut-être alors vous découvrirez-vous un peu théologien sans l’avoir su !

 

Bonne lecture à tous et bonne rentrée.

 

 


SOMMAIRE

Rencontre avec Dany Nocquet (professeur d'Ancien Testament)

Etudier la théologie

La théologie à l'université médiévale (E. Deheunynck)

La théologie à quoi ça sert? (E Babut et M. Castro)

C'est le coeur qui fait le théologien. (F. Verspeeten)

 



 

Histoire

 

LA THÉOLOGIE À L’UNIVERSITÉ MÉDIÉVALE

 

 

La naissance de l’université médiévale

Le XIIe siècle voit apparaître des écoles urbaines (laïques ou religieuses) et une nouvelle conception de la théologie. La théologie peut s’appuyer sur le savoir profane en particulier les sciences de la langue. Le théologien lit les philosophes anciens en particulier l’œuvre d’Aristote. La théologie des écoles apparaît à côté de la théologie monastique. Cette dernière incarnée par Bernard de Clairvaux est centrée sur la prière, la louange de Dieu et la lecture méditative des Écritures. Écoles monastiques et urbaines coexistent au XIIe siècle.

Mais au XIIIe siècle les écoles, dont le nombre d’étudiants augmente, forment des universités. L’université est une création de l’Occident médiéval. Son apparition est à replacer dans le contexte de la lutte contre les hérésies et de l’essor des villes. L’université est littéralement une corporation des maîtres et étudiants (universitas magistrorum et scolarium). En formant une université, maîtres et étudiants gagnent en autonomie.

Les plus réputées des universités sont les suivantes selon leur discipline : Paris (théologie), Montpellier (médecine), Bologne (droit). La théologie médiévale est dite scolastique, c’est-à-dire élaborée dans le cadre de l’école, en fait dans celui de l’université.

 

Cours et cursus

L’étudiant suit d’abord un enseignement préparatoire, ou propédeutique, à la faculté des arts pendant deux ans. On y enseigne les arts libéraux qui s’opposent aux arts mécaniques c’est-à-dire manuels. Il faut distinguer les "arts des mots" ou trivium (grammaire, rhétorique et dialectique) des "arts des choses" ou quadrivium  (arithmétique, géométrie, musique et astronomie).

L’étudiant peut ensuite suivre les cours de théologie, alors la plus noble des disciplines. L’enseignement repose essentiellement sur des leçons (commentaire de textes) et des disputes (discussions contradictoires visant à répondre à une question). Les contradicteurs ont recours à des autorités (auteurs faisant autorité) ou à des arguments rationnels. Le maître détermine le degré de validité des arguments et apporte les siens. La Somme théologique de Thomas d’Aquin reprend le schéma de la dispute universitaire. Les textes étudiés sont, bien sûr, la Bible mais aussi les Sentences de Pierre Lombard, manuel théologique de base au Moyen-Âge.

Le cursus de l’étudiant en théologie est le suivant. Pendant sept ans, l’étudiant suit les cours et assiste aux disputes. Ensuite pendant deux ans, il apprend à commenter la Bible, puis pendant deux ans les Sentences de Lombard. Les deux dernières années, il participe aux disputes. Au total le théologien a suivi 15 ans d’études !

 

La théologie comme science

Au XIIIe siècle, la théologie est assimilée à une science, selon la définition donnée par Aristote. La science est démonstrative. Elle part de principes qui sont immédiatement tenus pour évidents par l’esprit pour aboutir, par le moyen de la démonstration, à une conclusion. L’identification de la théologie à une science a été combattue car la théologie était assimilée à une sagesse bien supérieure aux savoirs humains. De plus la science procède à partir de principes évidents, ce qui n’est pas le cas des articles de foi. Thomas d’Aquin dans sa Somme théologique définit la théologie à la fois comme une intelligence de la foi et une science.

Aux XVe et XVIe siècles, c’est à l’université que l’esprit critique de nouveaux savants va remettre en cause l’héritage des Anciens et l’enseignement scolastique en général. Ainsi Copernic propose un modèle différent de celui de Ptolémée qui place la Terre au centre de l’univers, tandis que Vésale remet en cause l’enseignement du médecin romain Galien. L’université médiévale deviendra malgré elle le creuset de la pensée moderne !

 

Éric Deheunynck

 

 

 

 

 

 

 


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